Les restrictions décidées à l’encontre des concessionnaires automobiles n’ont pas encore fini de remodeler le marché de l’automobile. La réduction drastique des importations avec la limitation des quotas a directement influé sur les prix des voitures d’occasion qui ne cessent de grimper.

La pression continuelle sur le marché de l’automobile a rendu la voiture d’occasion aussi chère que le véhicule neuf. Ainsi, les prix ont connu une hausse vertigineuse sur les grands marchés. « Tous les véhicules sont proposés à près du double du montant exigé l’an dernier pour le même modèle et les mêmes options », souligne un agent d’une marque européenne. Pour lui, « certains véhicules d’occasion se vendent plus chers que chez les concessionnaires », relevant que c’est la rareté des véhicules neufs qui pousse « les clients à se rabattre sur le marché de l’occasion ». Notre interlocuteur estime que les prix connaîtront de nouveaux envols dans quelques mois. « Le retard enregistré dans l’octroi de licences d’importations pour cette année influera négativement sur les prix des véhicules d’occasion », a-t-il dit. Ajoutant que la dévaluation du dinar va encore aggraver la situation. Il garde, néanmoins, un espoir, en disant que « certains concessionnaires, pour cause de retard, ont eu un lot récemment, commandé l’an dernier ». Pour lui, ces quelques milliers de voitures vont alléger un tant soit peu la demande qui se situe, pour les cinq prochaines années, « dans les 1,2 million d’unités ». Interrogé sur les quotas à redéfinir prochainement, notre interlocuteur reconnaît que « les concessionnaires n’ont aucune visibilité ». De ce fait, il pense que la chute des importations de quelque 91 % qu’a connue, notamment, le port de Mostaganem, est révélatrice « du malaise que vit le secteur ». Il faut noter dans ce sens que l’Inspection divisionnaire des Douanes de Mostaganem a révélé que le port a accueilli, durant l’année 2016, 2 543 unités seulement entre véhicules légers, lourds et engins de travaux publics contre 30 170 en 2015. L’inspection a expliqué qu’il s’agit de 1 924 véhicules touristiques, 527 camions et 95 machines industrielles, avec une valeur globale des droits et taxes de dédouanement qui ont atteint, en 2016, plus de 18 milliards de dinars, soit une réduction de 18 % par rapport à 2015. Il faut aussi souligner que la décision du ministère de l’Industrie de déverrouiller l’importation des véhicules neufs pour les particuliers répond, en partie, a l’impératif de soutenir le marché déjà immobilisé par la rareté des voitures. A noter enfin que les pouvoirs publics, avec le lancement d’usines de production, le chiffre de 53 000 unités/an serait l’objectif attendu à atteindre en 2017.