L’opérateur turc prévoit d’exporter pour près de 1 milliard de dollars en 2022.

Par Khaled remouche
Cette entreprise est devenue, après Sonatrach, le deuxième plus grand exportateur en Algérie. Il est le premier exportateur hors hydrocarbures avec plus de 15% des exportations globales de l’Algérie.
Le chef de l’Etat, lors de sa visite en Turquie, a indiqué que Tosyali Algérie exporte pour près de 1 milliard de produits sidérurgiques. Il s’agit en fait d’un objectif. Après avoir réalisé des exportations de l’ordre de 700 millions de dollars en 2021, elle vise à atteindre la barre de 1 milliard de dollars en 2022, selon Tosyali. En clair, cette société a contribué à plus de 15% des exportations globales de l’Algérie estimées à 4,5 milliards de dollars l’an dernier.
Elle devient ainsi le deuxième plus grand exportateur de l’Algérie après Sonatrach et le premier dans le pays en termes d’exportations hors hydrocarbures. Elle est la première entreprise privée en termes de valeur de ses exportations en 2021 avec une progression continue de ses exportations : 90 millions de dollars en 2019, plus de 110 millions de dollars en 2020 et 700 millions de dollars en 2021, soit une croissance de 600 %. A 1 milliard de dollars, il contribuerait à près de 15% des 7 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures visés par le gouvernement en 2022.
Tosyali exporte vers 25 pays ses produits sidérurgiques, essentiellement du rond à béton, du fil machine et des tubes en acier. Ses clients sont originaires notamment des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de Belgique, d’Italie, de Roumanie, du Sénégal, du Bénin et de la Mauritanie. Ce bond des exportations de Tosyali est dû en bonne partie à la forte demande sur les produits sidérurgique après la période de déconfinement dans les pays occidentaux. Il est également le fruit des investissements de Tosyali dans le complexe sidérurgique de Bethioua à Oran qui produit 3 millions de tonnes d’acier annuellement. Ce qui le place au premier rang en Algérie en termes de production sidérurgique. La particularité de cette installation sidérurgique est son caractère intégré en produisant ses propres billettes contrairement à d’autres installations sidérurgiques en Algérie.
A noter que Tosyali est interconnecté au marché mondial de l’acier. Cela «exige du management, une veille permanente et une vigilance continue pour se maintenir dans ses efforts d’internationalisation. Son ambition est de faire de l’acier algérien un produit incontournable sur le marché international. Pour obtenir la confiance de ses clients américains et européens, elle répond à leurs exigences en termes de qualité, de réactivité et de confiance», nous a-t-on assuré. Tosyali ne compte pas s’arrêter là et poursuit ses investissements. Elle a lancé les travaux d’une usine de production d’acier plat d’une capacité de 3 millions de tonnes/an et pour un investissement de 1,5 milliard de dollars. La capacité d’un complexe de Bethioua sera alors portée à 6 millions de tonnes d’acier en 2025. Tosyali produira alors la matière première pour essentiellement les industries électronique, mécanique et électroménager notamment pour l’industrie automobile. Tosyali exploite, ou est sur le point d’exploiter, un tapis convoyeur de 14 kilomètres qui déchargera le minerai de fer du quai minéralier jusqu’au complexe de Bethioua. Ce qui réduira les coûts logistiques et améliorera le rapport qualité/prix.
Les complexes sidérurgiques Tosyali Algérie, AQS de Bellara ainsi que Sider d’El Hadjar pourraient, dans un délai de trois à cinq ans, constituer en Algérie des pôles de production d’une importance régionale et faire de l’Algérie un acteur sidérurgique non négligeable sur le marché international. Ce qui demande un suivi et un accompagnement de leur développement par les pouvoirs publics. n