Le gouvernement ne fait montre d’aucune renonciation à son plan d’encadrement des opérations de commerce extérieur, en dépit de ce qui se dit çà et là, depuis quelques semaines, faisant état tantôt d’une éventuelle remise en cause de certaines mesures, tantôt d’un probable essoufflement face aux pressions.

Rien de tout cela, à en croire le communiqué diffusé, jeudi, par le ministère du Commerce, et qui rappelle à qui veut l’entendre parmi les opérateurs économiques que le gouvernement ne se défait point de son plan dit d’encadrement des opérations d’importation de marchandises.
Mieux, plusieurs produits ont été intégrés dans la liste des consommables suspendus à l’importation, tandis que d’autres n’y figurent point, témoignant d’une régulation plutôt souple et flexible en fonction des besoins et des niveaux de couverture assurés par la production locale. C’est en tout cas ce qui ressort des grandes lignes du communiqué posté, jeudi, par le ministère du Commerce. En plus des 851 produits interdits momentanément à l’importation, le gouvernement rajoute 26 autres consommables, insérés dans la famille des « biscuits », dont la domiciliation bancaire préalable à l’importation est gelée depuis jeudi dernier, 1er mars. Par ailleurs, cinq (05) autres biens et groupes de biens font leur sortie de la liste des marchandises soumises au régime des restrictions à l’importation publié, faut-il le rappeler, dans le journal officiel daté du 7 janvier dernier. Les produits exclus dudit régime sont des intrants importés essentiellement pour les besoins de l’appareil de production. Des consommables pharmaceutiques font l’exception des mesures de restriction des importations. Il s’agit des produits dont l’importation est soumise à l’autorisation préalable du ministère de la Santé et de la Population et de la Réforme Hospitalière, sur la base d’un programme annuel. Ces décisions de soumettre et/ou d’exclure des produits du régime des restrictions à l’importation se font à l’issue de négociations avec les producteurs locaux, voire après consultation des données de l’administration douanière. Le creusement des déficits ; celui de la balance commerciale, et plus globalement le déficit des comptes extérieurs, est un sujet d’inquiétude pour le gouvernement. Les mesures d’encadrement des opérations d’importation s’inscrivent dans une stratégie à même d’y faire face. Par le moyen de ces mesures, combinées à d’autres ajustements budgétaires, le gouvernement se fixe l’objectif de rétablir l’équilibre de la balance des paiements. Le plan d’encadrement des opérations du commerce extérieur a soulevé un tollé au niveau de certains corporations, dont les céramistes et les menuisiers, mais le gouvernement semble décidé d’aller jusqu’au bout de son action. D’ailleurs, plusieurs autres produits et familles de produits feront leur entrée dans la liste des consommables soumis au régime des restrictions à l’importation, à en croire des sources du ministère du Commerce. Dans le cadre de la préparation d’une première réunion d’évaluation du plan d’encadrement des opérations du commerce extérieur, le département de Mohamed Benmeradi multiplie actuellement des réunions de consultation avec les filières industrielles, les organisations patronales et les producteurs, avons-nous appris auprès desdites sources. Dans son communiqué de jeudi, le ministère du Commerce a rappelé les trois piliers fondateurs de son dispositif d’encadrement des opérations d’importation de marchandises. Il s’agissait, primo, de mesures à caractère tarifaire prévues par les dispositions de la loi de finances pour 2018, dont l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation (TIC) au taux de 30%, pour 10 familles de produits finis ainsi que le relèvement des droits de douane pour 32 familles de produits finis. Il était question, secundo, d’introduire plusieurs mesures à caractère quantitatif, dont la suspension provisoire à l’importation de 45 familles de produits finis et la mise en place d’un contingent quantitatif pour les véhicules automobiles. Le plan de bataille du gouvernement introduisait, tertio, d’autres dispositions à caractère bancaire et administratif, à l’instar de l’exigence d’une domiciliation bancaire préalable et dont la couverture financière a été portée à 120% du montant de l’opération ainsi que de divers documents relatifs à la qualité des produits importés, voire à une autorisation préalable des instances en charge du commerce extérieur. Ce régime de restrictions à l’importation annoncé fin 2017 par le gouvernement reprenait pour l’essentiel des mesures éparses que chacune des administrations économiques tentait en solo de mettre en application. Les contours de l’actuel dispositif sont désormais clairs, fédérant les différentes institutions autour d’un objectif commun, voire sous une seule chapelle.