Joueur starifié, incarnation de tous les excès, Diego Maradona était ironiquement contraint de célébrer presque seul son 60e anniversaire hier, confiné dans sa résidence au sud de Buenos Aires, cas contact d’une personne présentant des symptômes de Covid-19. «Patient à risque» opéré à maintes reprises pour insuffisance respiratoire ou cardiaque, le célèbre numéro 10 argentin manque l’occasion de fêter son 60e printemps à l’endroit même où il a le plus brillé : sur le pré rectangulaire d’un terrain de foot.
Pourtant l’occasion était belle vendredi pour la reprise du championnat argentin, arrêté depuis 8 mois en raison de la pandémie, de le voir en ce jour particulier sur le banc de touche du Gimnasia y Escrima la Plata qu’il entraîne désormais. Des célébrations ont été annoncées dans l’intimité familiale, entouré de ses cinq enfants reconnus ainsi que de son petit-fils, mais rien n’a été confirmé depuis l’annonce, mardi par son médecin, de son placement à l’isolement de manière préventive.

Le but incroyable de Diego Maradona face au Real Madrid
Maradona a connu la gloire, est tombé dans l’excès d’alcool et de cocaïne qui auraient pu le conduire jusqu’à la tragédie. Malgré l’âge et la rédemption, il donne toujours à la face du monde son esprit rebelle, ne pouvant s’empêcher à l’approche de cette célébration de faire lui-même référence à l’ineffable «Main de Dieu».
«Je rêve de marquer un autre but aux Anglais, de la main droite cette fois-ci», a-t-il déclaré avec ironie cette semaine au magazine France Football. Ce but de la main gauche, qui a précédé son slalom historique dans la défense anglaise pour son doublé dans ce quart de Coupe du monde (2-1) puis la victoire finale contre l’Allemagne (3-2), l’a propulsé lors du Mondial 1986 au Mexique au rang d’icône du football argentin.