La rumeur d’une hospitalisation du géant du saxophone s’est répandue au Cameroun depuis plusieurs jours. Par le biais de la page Facebook officielle de Manu Dibango, sa manageuse Claire Diboa a préféré clarifier la situation : «Nous portons à votre information qu’après une récente hospitalisation due au Covid-19, Manu Dibango se repose et récupère dans la sérénité.» Le communiqué demande au public et aux amis de «respecter l’intimité» du musicien et se veut optimiste : «Il se réjouit d’avance de vous retrouver prochainement et vous demande, en cette période troublée que nous traversons tous, de bien prendre soin de vous. » Le musicien, toujours selon ce document, «se réjouit d’avance de retrouver prochainement» son public.
La légende camerounaise du jazz, avait animé en septembre dernier un concert mémorable dans la salle du Grand Rex en France avec un orchestre symphonique de 30 musiciens et son «Soul Makossa Gang». Il avait accordé a cet occasion plusieurs interview à différents qui témoignent qu’ «hormis quelques problèmes de mobilité, bien naturels à son âge (86 ans aujourd’hui), le virtuose était alors en parfaite santé». Le 1er février dernier, il donnait encore un concert au Corum, l’Opéra de Montpellier, dans une forme «éblouissante». Manu Dibango est l’auteur d’un des plus grands tubes planétaires de la musique world, avec Soul Makossa, titre de 1972. Etonnant destin pour cette face B d’un 45 tours dont le titre phare était un hymne pour l’équipe de foot du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations. Repéré par des DJs new-yorkais, le titre a connu mille vies. Manu Dibango avait même accusé Michael Jackson de plagiat sur un morceau de l’album «Thriller». Un accord financier avait finalement été trouvé. Au mois de juin dernier, il avait confié : «Je suis un musicien généraliste et qui a passé sa vie à explorer les genres et ce, avec un appétit jamais démenti. » «J’aime le jazz parce que c’est le résumé d’une histoire, mais je ne peux pas me limiter à cela. J’ai un continent de 54 pays à explorer», avait expliqué le saxophoniste de légende. Manu Dibango avait également souligné à propos de son safari symphonique, la rencontre entre son groupe « le Soul Makossa Gang » et l’orchestre symphonique Lamoureux que «les deux univers se rencontrent rarement à ce niveau-là. Ça a été difficile à monter, mais j’ai accepté le challenge ». Un chalenge relevé avec brio salué par les mélomanes et les critiques qui ont adoubé ce safari symphonique. Un voyage à travers les racines de la musique noire venue d’Afrique, un savant mélange de rythmes traditionnels de son Cameroun natal et des sonorités jazzy, les sons de la forêt équatoriale, le souffle du vent du désert qui vont à la rencontre de la pure tradition de la musique classique européenne.