Combien de fois des citoyens se sont vu répondre, en allant retirer leur argent dans une banque: «désolé, il n’y a pas de réseau» ! Une réalité subie depuis de très nombreuses années, et qui perdure encore.
Ce qui parait ici comme un détail, c’est également une des nombreuses sombres images des institutions financières en Algérie. Les nombreuses réformes (plutôt réformettes) annoncées par les différents gouvernements qui se sont succédé n’ont concrètement rien pu faire changer. Un constat, encore un, qui vient s’accumuler aux nombreux autres, tout secteur confondu.
C’est pourquoi la lecture de la situation mensuelle de la Banque d’Algérie établie au 31 janvier dernier, et publiée dans le dernier journal officiel doit totalement changer. Depuis de nombreuses années, le pays a muté de fond en comble, essentiellement sur le plan sociétal, mais les vieux reflexes, et les anciens «raccordements» (bien différents d’un quelconque fonctionnement) persistent encore. Que rapporte l’information selon laquelle la liquidité globale des banques algériennes s’est établie, il y a presque 7 mois, à 681,71 milliards de dinars? Elle vient avant tout indiquer qu’elle est bien moindre que celle enregistrée en juin 2020 (771 Milliards de DA) et notamment celle de décembre 2019 (1108 Mds de DZ). C’est clair qu’elle confirme surtout le manque de liquidités dans les établissements financiers algériens. Toutefois, cela est loin d’être nouveau. Cette tendance à suivre, au fil des mois et des années, les fluctuations de ce genre de statistiques n’a jamais rien apporté de concluant au pays.
Le secteur bancaire algérien est bien trop malade pour espérer récolter des résultats positifs. Ni réforme, ni réformette, ne peuvent suffire pour aspirer à récolter des dividendes. Une refonte s’impose. Le langage de vérité doit prédominer pour ne pas se retrouver, à chaque fois, à colmater les brèches. Et la vérité, c’est que les banques algériennes ne sont pas compétitives, qu’il y a un surplus d’effectif, que la démobilisation prédomine, et qu’il y a une absence flagrante d’éthique professionnelle.