La fermeture ou non des écoles est en train devenir l‘un des principaux débats en Algérie. Avec la tendance à la hausse des cas de contamination, la psychose est en train de prendre de plus en plus de citoyens, surtout les parents d’élèves et les enseignants. Une situation qui ne pouvait que faire réagir Abdelaziz Djerad. Le Premier ministre a donc tranché hier, samedi, en excluant la fermeture des écoles. Pour lui, ce « n’est pas à l’ordre du jour actuellement». Une réponse qui vient à l’encontre des pro-fermeture, mais néanmoins, en rassurent d’autres. Effectivement, le débat devient, au fur et à mesure, houleux. Chaque camp avançant ses arguments. Ceux qui appellent à la fermeture des écoles, essentiellement les parents, martèlent en permanence que les enfants leur font courir un danger à chaque fois qu’ils rentrent chez eux. Ils sont appuyés par une partie des enseignants qui se sentent également vulnérables au sein des établissements scolaires.
Des « atouts » que d’autres réfutent. Pour eux, empêcher les enfants d’aller à l’école, c’est les retrouver dehors dans les rues, ce qui est loin de faire diminuer la propagation de la Covid-19. Le même « camp » n’hésite pas à pointer du doigt les enseignants, spécialistes des cours particuliers, et qui n’hésiteront pas à regrouper les élèves. Une situation qui risque d’empirer la crise sanitaire, et également de désavantager ceux issus de familles, de plus en plus nombreuses, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.
Ce débat concerne tout le monde, et pourtant il n’a pas trouvé d’espaces adéquats. Les médias sociaux sont loin d’être un bon exécutoire pour essayer de trouver des solutions consensuelles et rassurantes. Il y a bien sûr la communication officielle qui a l’obligation de trouver les bons moyens pour affronter toute forme de gronde. Toutefois, ça ne peut pas être suffisant. Cette crise sanitaire vient surtout démontrer l’urgence d’une réforme totale. Les citoyens algériens n’ont d’autres choix que de se rabattre sur les médias sociaux pour crier leur désarroi. Encore une fois ces deux questions s’imposent d’elles-mêmes : à quoi servent les partis politiques ? À quoi sert l’APN ? S’il faut apprendre à vivre avec la Covid-19, il est quasiment impossible de continuer dans ce paysage politique moribond. L’asphyxie engendrée par la pandémie fait déjà trop de dégâts pour en accepter d’autres.