Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) exhorte le personnel officinal de s’équiper de masques alternatifs pour parer au manque de moyens de protection et se prémunir ainsi contre la contagion du coronavirus qui se propage sur le territoire national faisant de nouvelles victimes. D’autant plus que les pharmaciens d’officine sont particulièrement exposés au danger du coronavirus tout comme les autres composantes du corps médical. L’alerte du Snapo est d’autant plus légitime qu’il y a un risque éminent pour les professionnels des pharmacies d’officine d’être infectés et de devenir contaminant pour leurs proches.
Preuve en est l’enregistrement d’une dizaine de contaminés au Covid-19 parmi cette catégorie professionnelle comme ce fut le cas en date du 18 mars quand le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) avait annoncé les deux premiers cas d’atteinte confirmée d’un couple de pharmaciens par le coronavirus.
Après trois semaines de confinement partiel, leur nombre dépasse les 10 cas testés positifs au coronavirus, apprend-on auprès du Snapo, d’où ce sentiment d’inquiétude, voire d’angoisse, de porter le virus pour leur proche.
Jusqu’à jeudi dernier, le SNAPO a fait état de 13 cas de pharmaciens d’officines touchés par le Covid-19.
Selon le président du Snapo, Messaoud Belambri, le personnel officinal est hautement exposé aux risques sanitaires et épidémiologiques du fait de la spécificité de sa profession et de l’activité pharmaceutique.
Le Snapo a appelé ainsi les pharmaciens à prendre les dispositions nécessaires pour éviter la contagion.
Le syndicat a exhorté en particulier ses adhérents de «se lancer dans la solution locale pour la dotation en masques alternatif», en portant un masque artisanal pour se protéger d’une éventuelle propagation virale.
Vu que les masques alternatifs n’ont pas tous la même efficacité et ne sont pas confectionnés de la même façon, le Snapo a recommandé aux pharmaciens de suivre les normes prises par les bureaux de wilaya de Béjaïa, Tipasa et Saïda pour la confection de masques alternatifs.
Récemment, le président du Snapo a indiqué que les pharmaciens ne disposent pas d’autres moyens, faisant part d’un déficit en matière de masques et expliquant que la seule mesure de précaution est celle de la distance d’ un mètre avec les clients par rapport au comptoir.
C’est d’ailleurs en raison de ce risque que les médecins «ont fermé leur cabinet de peur d’être contaminés», remarque-t-il, en soulignant toutefois que des pharmaciens ont maintenu leurs activités en dépit du risque.
Les médecins ont qualifié de «suicidaires» les directives de la tutelle de reprendre le travail et de rouvrir les cabinets médicaux nonobstant, que ce manque de moyens de protection n’a pas dissuadé les officines de poursuivre leurs activités, se félicite-ton au sein de la corporation. «Ce qu’ils déplorent ce sont les difficultés liées aux autorisations de déplacement que les pharmaciens n’arrivent pas à régler dans plusieurs wilayas», souligne le responsable du Snapo.
Belambri affirme, dans ce sens, que «l’instruction du Premier ministre, qui dit que les professionnels de santé doivent juste présenter leur carte professionnelle pour passer, n’est pas respectée». Sur un autre volet, Belambri informe que le Snapo s’est lancé dans une opération de dons d’envergure nationale.