La persistance de la confusion au niveau des agences d’Algérie Poste a contraint la Direction à prendre des mesures visant à atténuer la pression sur les guichets en évitant aux usagers de s’agglutiner en files interminables en ces temps de contamination accrue au nouveau coronavirus.

C’est dans ce sens qu’a été décidé, selon le Directeur général d’Algérie Poste, Mourad Boumzar, de plafonner à 30 000 DA la somme de retrait au niveau du Distributeur automatique bancaire (DAB) et de garder les agences ouvertes durant le prochain week-end dans les grandes wilayas.
Brahim Boumzar a expliqué, hier, sur les ondes de la Radio nationale que cette décision « permettrait à tout le monde d’encaisser son argent et de régler du coup le problème du manque de liquidités », d’autant plus que nous sommes à une semaine des fêtes de l’Aïd El Adha et son lot de dépenses et achats de diverses natures.
Si l’annonce de garder ouvertes les agences durant le week-end est de nature à atténuer la pression devant les agences, le plafonnement de la somme de retrait au niveau des DAB risque de provoquer l’effet inattendu, dans la mesure où ce plafonnement sonne comme une reconnaissance d’un manque de liquidités. Or, le premier responsable soutenait le contraire mercredi passé. « Je tiens à rassurer les citoyens de la disponibilité des liquidités au niveau de l’ensemble des bureaux de poste répartis à travers le territoire national », a-t-il dit, faisant part d’un travail de collaboration avec la Banque d’Algérie pour une meilleure prestation de service. « Sur les 374 milliards de DA retirés au niveau des bureaux de poste, plus de 73 milliards de DA l’ont été au niveau des distributeurs de billets de banques d’Algérie Poste et des guichets automatiques bancaires », a-t-il détaillé, précisant que « plus de 84 000 opérations monétiques ont été effectuées durant le 1er semestre 2020 à travers les réseaux postal et interbancaire ». Il faut souligner que, dans son compte-rendu sur la situation économique du pays durant le premier trimestre 2020 et les perspectives d’évolution, la Banque d’Algérie a précisé que «la liquidité globale des banques a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1 557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1 100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction de la liquidité bancaire de 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019».
Cette évolution n’est pas sans risques sur le financement de l’économie nationale à un coût raisonnable, d’où le recours par la Banque centrale à la réduction du taux de réserve obligatoire de 10% à 8% et d’abaisser de 25 points de base (0,25%) le taux directeur de la BA pour le fixer à 3,25%, depuis la mi-mars dernier.
Pour le ministre de la Poste et des Télécommunications, « il n’y a pas de crise de liquidités et les liquidités sont là », ajoutant qu’Algérie Poste a répondu à la demande de ses clients alors que le nombre d’opérations est resté le même et a même augmenté. Aujourd’hui, il y a une perturbation de la liquidité. Avec la conjoncture pandémique, les effectifs sont réduits, les déplacements aussi ». Mais depuis hier, on sait, selon le ministre lui-même, que des commissions et des cellules ont été installées avec la mission de «veiller» à la disponibilité des liquidités à travers l’ensemble des wilayas du pays. La situation va-t-elle s’améliorer dans les jours à venir devant les agences d’Algérie-Poste ? Attendons pour voir… <