Le président du Mouvement Islah, Filali Ghouini, s’est prononcé, hier, sur la grève et le mouvement de protestation qui se sont déroulés dans certaines wilayas du pays, à Béjaïa particulièrement. La position de ce parti est à cheval entre la condamnation de la violence et le droit constitutionnel de manifester. «La population a le droit de manifester son rejet de la loi de finances 2017, mais pas en recourant à la violence. Il faut adopter des moyens autres que la casse des biens publics et privés », a expliqué le président du Mouvement qui reconnait le droit «constitutionnel» à tout Algérien de manifester son rejet d’une décision du gouvernement, soit-elle la loi de finances. «La loi de finances est la cause principale de la grève qui s’est déroulée dans certaines régions du pays. La population a le droit de manifester et d’exprimer sa colère, mais pas en saccageant le bien national. Sur ce dernier point, nous sommes contre. Car, le bien de la communauté doit être protégé et défendu par l’ensemble des Algériens», a insisté le premier responsable du Mouvement, soulignant qu’il est d’accord sur le «fond », mais pas sur «la forme» des manifestations. «Le Mouvement Islah a rejeté cette loi de finances qui a provoqué la hausse des prix», a-t-il rappelé. Toutefois, il estime que «les Algériens ont appris la leçon et ont tiré des conclusions des événements anciens». Quid des élections législatives du printemps prochain ? C’est précisément le volet qui a été discuté hier par la direction du mouvement qui s’est penchée sur l’organisation de cette élection au niveau d’Alger. 

Mais, est-ce que le Mouvement Islah abordera seul ce rendez-vous ou fera-t-il liste commune avec d’autres partis ? «Nous préférons une coalition sur des objectifs politiques à long terme. Les coalitions conjoncturelles ne sont pas productives», a répondu Fillali Ghouini qui admet toutefois une difficulté dans la collecte de signatures telle qu’elle est conditionnée par la nouvelle loi électorale.