Après trois nuits passées en garde à vue, depuis le 7 mars, le journaliste Khaled Drareni a été mis sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire. Khaled Drareni est donc libéré, mais reste sous contrôle judiciaire avec des accusations qui paraîssent graves en rapport avec son métier d’informer.

En parallèle, le militant Samir Benlarbi, coordinateur national des familles de disparus, Slimane Hamitouche, ont été placés en détention provisoire par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed, selon le collectif des avocats qui les défende. Quant à l’ex-policier Toufik Hassani, poursuivi pour incitation à attroupement non armé, il est passé devant le juge. Le procureur de la République a requis un an de prison ferme. L’audience se poursuivait hier au moment où nous mettions sous presse.
Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche sont poursuivis pour « attroupement non armé » et « atteinte à la sécurité nationale ». Samir Benlarbi retourne ainsi en prison après avoir été relaxé récemment et blanchi de la même accusation « atteinte à la sécurité nationale ». Après la décision du juge d’instruction concernant les quatre détenus, le collectif des avocats s’est vivement indigné contre ce qu’il a appelé « l’abus des services de sécurité contre le travail de la justice ». L’avocat Mustapha Bouchachi, au nom de ce collectif, s’est insurgé contre « des pratiques au service du pouvoir politique et non au service du citoyen ». Il s’est dit refuser « ce type de procédures illégales du point de vue de la loi ». « Durant trois jours, les dossiers des mis en cause ont fait plusieurs va-et-vient entre le tribunal et le commissariat ».
Depuis l’arrestation des quatre prévenus, les avocats « ont eu le plus grand mal à faire leur travail », selon Maître Abdelghani Badie, qui considère qu’au travers de ces affaires, il transparaît que « la justice est otage de contingences politiques ». L’avocat a dit regretter « des dérives sur le plan de la procédure qui ne sont en rien au service de l’intérêt du citoyen ». De son côté, l’avocat Hafid Tamalt s’est dit outré par ces « poursuites abusives » et face à ce qu’il a qualifié de « mascarade pour des faits anodins qui se transforment en accusations graves ». A sa sortie, Khaled Drareni a affirmé qu’il a été arrêté « en plein exercice de son métier de journaliste en possession d’une carte de presse » et qu’il ne faisait rien d’illégal. Durant l’interrogatoire, « on a voulu me soustraire ma condition de journaliste », dira-t-il, affirmant avoir été accusé au départ « d’attroupement et incitation » avant que cette accusation ne se transforme en « atteinte à la sécurité nationale ». Accueilli chaleureusement à sa sortie par les nombreux journalistes et amis présents devant le tribunal, il dira : « Je suis journaliste et je continuerai à faire mon métier dont la couverture de toutes les marches pacifiques des Algériens ». Le journaliste Drareni a tenu à remercier les citoyens, les avocats pour leur travail et aussi le soutien de la corporation des journalistes qui s’est mobilisée depuis le premier jour de son arrestation. Les journalistes se sont en effet mobilisés durant trois jours devant le tribunal de Sidi M’hamed pour s’insurger contre cette arrestation jugée incompréhensive d’un journaliste dans l’exercice de son métier, activité que protègent les lois de la République. <