Le cauchemar vécu par Manchester United dimanche face à Liverpool (0-5) remet toujours plus en question l’avenir d’Ole Gunnar Solskjaer sur le banc des Red Devils. Sa direction serait prête à se séparer du Norvégien. Mais ses successeurs potentiels, d’Antonio Conte à Mauricio Pochettino en passant par Zinedine Zidane, n’ont pas forcément le profil idéal. Tour d’horizon. Il est toujours en place, et ça fait bientôt trois ans que ça dure. Pourtant, son éviction, régulièrement annoncée, est plus que jamais d’actualité. La place d’Ole Gunnar Solskjaer sur le banc de Manchester United tient à un fil après l’humiliation subie par les Red Devils face à Liverpool dimanche à Old Trafford (0-5). Sa direction penserait à le limoger, quitte à payer une forte indemnité de licenciement après avoir prolongé le Norvégien pour trois ans en juillet dernier. Et étudierait en parallèle les candidats pour lui succéder. Y a-t-il un profil idéal ? Rien n’est moins sûr.

LE FAVORI : ANTONIO CONTE
C’est un entraîneur réputé qui a connu le succès dans des grands clubs. En Italie, où il a conduit la Juventus Turin et l’Inter au titre, comme en Angleterre, où il a été sacré champion avec Chelsea 2017. Libre depuis son départ des Nerazzurri en juin dernier, le technicien italien se détache parmi les candidats à la succession de Solskjaer selon les médias britanniques. «Conte ferait sans aucun doute de Manchester United une équipe solide, et peut-être un candidat au titre dans les 18 mois qui viennent», estime Pete Sharland, journaliste sur le site eurosport.co.uk. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille avec Conte. Ce qui ressort de sa carrière d’entraîneur, c’est que le relationnel est un paramètre difficile à gérer avec le technicien italien. «Sur le court terme, ce serait certainement un bon recrutement, mais beaucoup moins sur le long terme, résume Pete Sharland. Tout le monde sait comment il est. Tôt ou tard, il y aura forcément une raison pour qu’il entre en conflit avec quelqu’un.» Dans un effectif déséquilibré et riche en egos, cette probabilité est d’autant plus importante.

L’OUTSIDER : ZINEDINE ZIDANE
Comme Conte, Zidane est libre depuis son départ du Real Madrid au printemps dernier. Un club où il a connu une réussite exceptionnelle pour ses premiers pas en tant qu’entraîneur d’une équipe première, illustrée par ses trois victoires en Ligue des champions. «L’avantage de Zidane, c’est qu’il a prouvé sa capacité à gagner des titres, et il connaît déjà Raphaël Varane et Cristiano Ronaldo», rappelle Pete Sharland. Dans son management, le technicien français s’est montré à l’aise pour gérer les joueurs à forte personnalité au Real. Un plus non négligeable s’il venait à rejoindre Manchester United.
Zidane était dans son élément à Madrid, au sein d’un club dont il maîtrisait totalement l’environnement après y avoir évolué en tant que joueur puis en tant que technicien, comme adjoint de Carlo Ancelotti puis comme entraîneur de la réserve. A Manchester United, il serait dans un contexte totalement différent et inconnu pour lui. «Il n’a rien prouvé dans une équipe plus faible, juge Pete Sharland. Au Real, il avait une équipe compétitive et riche en leaders, ce ne sera pas le cas à Manchester. Aussi, il ne parle pas très bien anglais, ce qui peut être préjudiciable avec les joueurs comme avec les médias.»

LES SURPRISES POTENTIELLES : FAVRE, RODGERS ET POCHETTINO
C’est l’un des noms qui ressort sur le marché des entraîneurs libres, et il a parfois été évoqué parmi les successeurs potentiels à Solskjaer. Mais l’ancien coach de Nice et du Borussia Dortmund n’a jamais dirigé un club d’une envergure comme celle de Manchester United. Cela décrédibilise fatalement la candidature du Suisse. «Pour moi, il n’y a aucune chance que Manchester United fasse appel à lui, estime Pete Sharland. Il n’est absolument pas confirmé pour le niveau exigé chez les Red Devils.»
L’entraîneur de Leicester s’est refait une santé en guidant les Foxes aux portes de la Ligue des champions la saison passée. Il est l’un des coaches britanniques les plus en vogue du Royaume.
«On commence à parler de lui pour succéder à Pep Guardiola à Manchester City et, à sa place, j’attendrais ce poste, juge Pete Sharland. Mais pour United, ce serait un bon choix, quelqu’un qui a une philosophie de jeu claire et qui a fait du bon travail à Leicester. Mais le point négatif, c’est qu’il n’a rien prouvé dans un grand club depuis son échec à Liverpool. Ce serait un pari risqué. Pour MU comme pour Rodgers. Mais il mérite d’être tenté.
L’entraîneur du PSG garde une très belle cote en Angleterre depuis ses passages à Southampton et Tottenham. S’il est de plus en plus critiqué en France, l’Argentin n’en est pas moins leader du championnat et de son groupe de Ligue des champions. «Je pense qu’il serait ouvert à un retour en Angleterre, avance Pete Sharland. En ce moment, c’est loin d’être parfait pour lui à Paris et il a clairement du mal à gérer tous les egos du PSG. United en a aussi, mais pas aussi importants et son style de jeu a prouvé son succès en Angleterre. Il voulait clairement ce poste par le passé.» Son départ du PSG n’est cependant pas à l’ordre du jour. Ce qui en fait la piste la plus improbable, et de loin. Mais elle reste évoquée outre-Manche.