Internet a donné naissance à «un pouvoir supranational», a indiqué hier l’expert international en TIC, Malik Si Mohamed. « Des groupes ont développé des outils sur Internet, à l’instar de Google, Facebook, Amazon…

avec lesquels ils ont récupéré des milliards de données et d’informations sur les personnes, sur les entreprises et sur les pays », a-t-il souligné sur les ondes de la Radio nationale, Chaîne III. Précisant qu’« en plus d’être devenus milliardaires grâce à ce type de marché très en vogue, « ces groupes se sont érigés en «pouvoir supranational qui, dans certains aspects, se substituent au pouvoir politique légitime et légal».

Préconisant la vigilance face à ce phénomène, M. Si Mohamed appelle à « se prémunir afin de limiter les dégâts ». Il reconnaît néanmoins qu’il est difficile de traquer efficacement les hackers et les criminels de la Toile. Il insiste, dans ce sens, sur la prudence qu’il faut maintenir constamment en éveil, mais pas uniquement chez les enfants. Les adultes sont également interpellés par l’invité de la Chaîne III, qui les exhorte à prendre plus de précaution dans leur usage de l’Internet, notamment les réseaux sociaux. « Quand vous utilisez des réseaux sociaux, vous devez vous rappeler que des gens possèdent ces espaces virtuels», explique-t-il. «Le big data consiste, en réalité, à exploiter toutes les données qui sont sur le net. Ce sont des techniques de profilage mises en œuvre pour étudier vos publications, vos habitudes d’usage et les listes que vous fréquentez dans le but de déterminer vos habitudes de consommation, vos préférences, votre localisation, ce que vous pensez et même savoir votre humeur du jour», a-t-il ajouté. Précisant que les données recueillies « rapportent de l’argent, puisque des entreprises et des personnes sont prêtes à payer de grosses sommes pour avoir accès à ces informations».
Sujet d’actualité et d’inquiétudes, ces derniers jours en Algérie, le jeu virtuel «Blue Whale Challenge» (La baleine bleue) a été, bien sûr, cité par M. Si Mohamed en exemple d’actions criminelles sur le net. A ce sujet, l’expert des TIC estime qu’ «on aurait pu renforcer la prévention pour éviter d’arriver à ce résultat macabre», dans la mesure, où « on ne peut empêcher les choses d’arriver, mais on peut s’en prémunir », fait-il encore remarquer. Pour résumer son appréciation des nouvelles technologies, l’invité de la Chaîne III dira que «les dangers que recèle Internet sont à la hauteur de ses avantages ».