Elle serait conduite par un président désigné par les militaires au pouvoir.
Elle sera appuyée par la mise en place d’organes de transition, dont un gouvernement avec un Premier ministre qui serait un civil mais qui serait nommé par le président. Un organe législatif serait instauré, le chef en serait un militaire.

Des experts désignés par les militaires au pouvoir au Mali ont proposé hier vendredi une transition de deux ans conduite par un président désigné par les militaires au pouvoir. Ils ont soumis un document aux responsables militaires et politiques, syndicalistes et associatifs maliens réunis jusqu’à aujourd’hui samedi à Bamako pour préparer un retour des civils à la tête du pays.
Ce président sera «une personnalité civile ou militaire», selon cette proposition contenue dans le document intitulé «charte de la transition». Les participants à ces journées de «concertation nationale» doivent à présent débattre du texte et exprimer leurs positions vis-à-vis du scénario de sortie de crise qu’il propose. Ils devront surmonter des dissensions de plus en plus patentes, moins d’un mois après un coup de force favorablement accueilli par des Maliens exaspérés par la situation de crise multidimensionnelle que vit leur pays.
Le document de huit pages, élaboré par les experts nommés par les militaires au pouvoir et supposés faire la synthèse de concertations antérieures, prévoit que le président de la transition, qui remplirait les fonctions de chef de l’Etat et veillerait au respect de cette même charte, soit «choisi par le Comité national pour le salut du peuple» (CNSP)
Ce serait «une personnalité civile ou militaire». Il serait nommé par le président. Un organe législatif serait instauré, le chef en serait un militaire. Le CNSP et «les forces vives de la Nation» proposeraient le nom du Premier ministre. Ces organes resteraient en place jusqu’à l’installation de nouvelles institutions à l’issue d’élections générales. «Au regard de l’ampleur des tâches», de l’objectif fixé de «refondation de l’Etat», «de la complexité, de la gravité et de la profondeur» de la crise, «la durée de la transition est fixée (à) 24 mois», dit le document.
Les militaires au pouvoir ont initialement évoqué une transition de trois ans sous la conduite d’un militaire. Leur proposition e s’est heurtée au refus de la Cédéao. Cette dernière a imposé au Mali un embargo sur les flux commerciaux et financiers. Elle a donné à la junte jusqu’à mardi 15 septembre pour désigner un président et un Premier ministre de transition. Ils doivent être des civils et la transition ne doit pas excéder un an, insiste-t-elle. <