L’attaque qui a visé un camp de regroupement de l’armée a fait près  de 50 morts, selon  un bilan provisoire.


Un attentat suicide visant des combattants de groupes armés signataires de l’accord de paix au Mali est survenu hier matin à Gao, une ville considérée comme la plus grande ville<& de la région. Un bilan provisoire citant une source hospitalière fait état de près de 50 morts, rapportaient durant la journée d’hier des correspondants de presse.
«Un kamikaze a attaqué un camp de regroupement à Gao. Le kamikaze est venu dans un véhicule et s’est fait exploser. L’attaque a eu lieu ce matin [mercredi, ndlr] à 08H40 (locales et GMT)», a indiqué une source militaire au sein de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma).
D’après les témoignages recueillis sur place, les victimes sont des combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante touareg), et de groupes armés pro-gouvernementaux.
Ils ont été surpris par l’attaque kamikaze alors qu’ils se préparaient pour des patrouilles mixtes prévues par l’accord de paix signé en Juin 2015 entre Bamako et ces différents groupes armés. Ces patrouilles, auxquelles doivent également se joindre des militaires maliens, sont censées préfigurer la refonte d’une armée malienne unitaire, indique-t-on.
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé un deuil national de trois jourset son ministre de la Défense, Abdoulaye Idrissa Maïga, devait se rendre durant la journée d’hierà Gao pour un constat personnel sur le terrain et une évaluation d’une situation qui risque d’évoluer dans le sens négatif et contraindre lourdement l’accord de paix signé en 2015 à Alger.
L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat, mais les soupçons se tournaient vers les groupes djihadistes, qui avaient déjà perpétré un attentat suicide à la voiture piégée contre l’aéroport de Gao, à quelques centaines de mètres de là, le 29 novembre 2016.
Le véhicule qui a servi à l’attaque était « aux couleurs du MOC » (Mécanisme opérationnel de coordination), chargé d’organiser ces patrouilles, a déclaré àl’AFP le colonel Diarran Koné, de la Direction de l’information et des Relations publiques des armées (Dirpa). L’assaillant « est rentré seul dans la ville, avant de s’équiper et d’équiper le véhicule pour commettre l’attentat suicide », a indiqué de son côté une autre source de sécurité malienne.
Avant l’attaque suicide d’hier, l’ONU a déclaré envisager des sanctions ciblées contre les parties qui entravent la paix au Mali. Le nouveau secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a indiqué mercredi qu’il envisageait de faire appel au Conseil de sécurité pour imposer des sanctions ciblées contre les parties qui entravent la mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali.
Le processus de paix au Mali se trouve à «un moment crucial», a encore dit dans son rapport le secrétaire général de l’Onu, invitant toutes les parties à maintenir le dialogue.n

Condamnation ferme de l’Algérie
L’Algérie a condamné « de la manière la plus ferme » l’attentat suicide perpétré hier à Gao (nord du Mali), réitérant son engagement pour une application « scrupuleuse et rigoureuse » de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger.
« Nous condamnons de la manière la plus ferme l’attaque terroriste meurtrière perpétrée ce jour à Gao (Mali) », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif.
« En sa qualité de président du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, l’Algérie ne ménagera aucun effort pour l’application scrupuleuse et rigoureuse de toutes les dispositions de cet Accord en coordination avec l’ensemble des acteurs concernés de la communauté internationale et les partenaires maliens », a-t-il affirmé. « Convaincus que la voie du dialogue et de la réconciliation est et reste le seul moyen à même de favoriser une poursuite sereine du processus devant couronner les efforts en cours pour la mise en œuvre de cet Accord, nous réitérons notre rejet de la violence et notre condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations », a ajouté le porte-parole du MAE.