Le Comité du Conseil de sécurité chargé du dossier du Mali s’est réuni hier aux Nations unies à New York. Selon son président, le Ddominicain José Signer Weisinger, il devait être question du compte rendu des réunions tenues par le comité depuis le début de l’année et du contrôle de l’application des sanctions du Conseil de sécurité contre les entraves aux engagements inscrits dans l’accord d’Alger sur la réconciliation dans ce pays voisin.

Depuis la mise en place du régime de sanctions en septembre 2017, le président du comité a conduit trois missions au Mali, mais cette année, une visite du comité n’a pas été possible. Au total, huit personnes ont été sanctionnées. Elles sont soumises à un gel des avoirs et à une interdiction de voyager pour avoir «entravé» la mise en œuvre de l’accord de paix. Le dernier briefing de Singer Weisinger sur les travaux du Comité des sanctions contre le Mali a eu lieu le 8 octobre 2019, environ une semaine avant de diriger une délégation du Comité qui s’est rendue au Mali du 16 au 18 octobre 2019.
En attendant d’en savoir davantage sur celui tenu hier, le Premier ministre malien Moctar Ouane a réaffirmé lundi que la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, reste l’une des principales priorités des autorités de transition maliennes. «La mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (APR) figure en bonne place dans la Feuille de route de la transition adoptée à l’issue des concertations nationales des 10, 11 et 12 septembre 2020 et elle demeurera une priorité pendant la transition», a assuré le responsable malien. Il s’exprimait à l’occasion de la 41e session ordinaire du Comité de suivi de l’Accord de paix d’Alger, au siège de la MINUSMA à Bamako.
Cette session «est importante puisqu’elle marque la reprise des travaux du CSA après plusieurs mois de suspension dus en grande partie au contexte sociopolitique agité», a déclaré M. Ouane. Il a souligné que «la durée relativement courte de la Transition (18 mois) exige de faire des choix et de définir des priorités claires dont la mise en œuvre donnera un nouvel élan à l’APR. Pour cela, il faudrait l’engagement sans faille de toutes les composantes de la nation malienne». A cet égard, «je voudrais insister sur l’importance d’inclure tous les segments de la nation malienne à la mise en œuvre de l’accord pour un processus véritablement inclusif, apaisé et plus efficace», a-t-il poursuivi.
Le Premier ministre a appelé à «réfléchir prioritairement à la question de la «redynamisation du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR)», rappelant à cet égard que «les Maliens réunis lors des concertations nationales des 10, 11 et 12 septembre 2020 se sont prononcés en faveur de l’accélération du processus de DDR afin de contribuer au renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national». Le gouvernement «accordera toute l’importance nécessaire à la réalisation de cette priorité car l’ineffectivité du DDR maintient notre pays dans une spirale de violence dangereuse pour la cohésion sociale et la réconciliation», a-t-il dit.
Alger : une opportunité pour les Maliens d’accélérer la mise en œuvre de l’accord
M. Ouane a insisté sur les réformes politico-institutionnelles, rappelant que la «feuille de route de la Transition consacre un axe entier à la prise en compte des réformes politiques et institutionnelles à travers, notamment, le parachèvement du processus de réorganisation territoriale, l’élaboration et l’adoption d’une nouvelle constitution ainsi que la poursuite du chantier de la régionalisation». Il a également plaidé en faveur d’un soutien aux actions de développement et d’éducation, mettant un accent particulier sur la situation particulièrement préoccupante des écoles, notant qu’environ 25% des établissements sont fermés et plus de 115 000 enfants en situation de déscolarisation.
En ce qui concerne la mise en œuvre du Fonds de développement durable (FDD), le Premier ministre a noté avec «satisfaction» l’annonce faite par le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, de la création d’un «Groupe de soutien à la Transition» au Mali incluant des partenaires bi et multilatéraux de notre pays. «Nous attendons avec intérêt de travailler utilement avec ce Groupe», a-t-il déclaré avant d’évoquer la relance du «chantier de la réconciliation nationale», disant qu’il s’agit là d’une «priorité stratégique majeure de la Transition telle que stipulée dans la Feuille de route adoptée à l’issue des concertations nationales de septembre 2020». «Nous travaillerons, à la fois, sur les questions de justice transitionnelle et la création des conditions favorisant le retour des déplacés et des réfugiés», a-t-il soutenu.
Pour rappel, à l’ouverture de la 41e session ordinaire du CSA, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a réitéré avant-hier lundi l’engagement de l’Algérie aux côtés des Maliens en vue de mettre en œuvre l’accord d’Alger sur la paix et la réconciliation au Mali. Le chef de la diplomatie a rappelé que «l’Algérie, qui a déployé d’importants efforts pour la stabilisation du Mali», souhaitait que la décantation politique et institutionnelle s’effectue rapidement et dans «un temps raisonnablement court». «Nous pensons que le contexte actuel offre une excellente opportunité pour que la Partie malienne se projette sur les étapes restantes de la mise en œuvre de l’Accord à travers l’élaboration d’une nouvelle feuille de route adaptée aux objectifs et au calendrier de la Transition», at-il préconisé. <