La visite de la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU au Mali, samedi et dimanche derniers, ont permis de retenir deux constats essentiels : le pouvoir de transition à la tête du pays insiste sur l’organisation, fin décembre prochain, des « Assises nationales pour la refondation » du logiciel de gouvernance du pays. Il entend aussi reporter les élections prévues en février 2022. Les Nations unies et les partenaires internationaux du Mali, eux, maintiennent que la meilleure des transitions est celle qui dure le moins possible…

Par Anis Remane
Dimanche, 24 octobre, la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU en visite au Mali a rencontré les autorités de transition, qui ont insisté sur l’idée d’organiser des « assises nationales » avant de fixer une nouvelle date pour les élections présidentielles et législatives que le pays attend depuis que les militaires sont au pouvoir. C’est-à-dire après le second coup de force de main 2021. La date prévue initialement prévue pour la tenue du double scrutin est celle du 27 février 2022, mais l’autorité de transition à la tête du pays multiplie les signaux quant à sa volonté de la modifier selon l’argument qu’il vaut mieux une élection bien préparée aux plans politique et sécuritaire qu’une élection bâclée qui ne ferait qu’aggraver les sérieux problèmes auxquels est confronté le Mali depuis près d’une décennie maintenant. Avant les élections, insiste le pouvoir malien actuel, le préalable est aux « assises nationales de la refondation » du dispositif politique, institutionnel et sécuritaire dans le pays. C’est ce qu’a déclaré une nouvelle fois le Premier ministre Choguel Maïga après que la délégation du Conseil de sécurité s’est entretenue avec lui et après qu’elle ait été reçue par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. « Les autorités maliennes que nous avons rencontrées nous ont parlé des Assises nationales de la refondation comme une sorte de préalable aux élections. Le chronogramme indique que ces assises pourraient prendre fin vers décembre et c’est à l’issue de ce processus qu’un calendrier sera établi et soumis aux Maliens ainsi qu’à la communauté internationale », a déclaré, de son côté, l’ambassadeur du Niger aux Nations unies, Abdou Abarry, qui co-dirige la délégation avec son homologue français Nicolas de Rivière. Samedi, 23 octobre, l’autorité de transition a annoncé que les « assises nationales de la refondation » se tiendraient du 21 au 26 décembre. « Si on ne peut pas avoir d’objection pour les réformes, il ne faudrait pas retarder de façon prolongée la fin de la transition et la possibilité pour les Maliens et les Maliennes de choisir démocratiquement les personnes qui vont prendre en charge la destinée de leur pays », a souligné l’ambassadeur Abarry. Le président Goïta « nous a exprimé que la transition n’est pas là pour perdurer et que les Maliens iront aux élections aussitôt que les conditions seront réunies », a-t-il ajouté. Pour le Premier ministre Choguel Maïga, la priorité pour l’autorité de transition est la lutte contre l’insécurité. « La sécurité occupe naturellement l’ordre des priorités le plus élevé. Comment battre campagne dans des contrées affectées par l’insécurité, assurer la pleine participation des citoyens sans le préalable de la sécurité », s’est-il interrogé devant la presse lors de sa rencontre, dimanche 24 octobre, avec la délégation du Conseil de sécurité parmi laquelle figure l’ambassadrice américaine au rang de ministre, Linda Thomas-Greenfield. « Les choix politiques et courageux et avisés sont en cours, qu’il s’agisse de l’autorité (de gestion des élections) ou des assises nationales de la refondation au terme desquelles les Maliens vont renouveler leur vision de l’Etat », a encore affirmé le Premier ministre malien de la transition. n