Le Mali subit depuis huit ans une crise sépulcrale. Confronté à une rébellion indépendantiste née en 2012, Bamako se bat depuis contre les attaques djihadistes qui ne cessent de se dérouler, malgré la présence des forces françaises, mais surtout, africaines et onusiennes.

Conscient de l’importance de la réinstauration de la paix dans la région, le Comité de suivi de l’accord d’Alger (CSA) semble retrouver une seconde jeunesse. Initié par l’Algérie en 2015, ledit accord n’a pas survécu aux étirements politiques et guerriers qui caractérisent essentiellement le Nord du Mali. Il a tout juste eu des balbutiements en septembre 2019 avec une réunion regroupant les pays du Sahel, la France et l’Algérie, puis, ce fut le silence radio.
C’est sans doute suite au mécontentement de la population malienne, quant à l’efficacité des plans français, Serval et Barkhane, les massacres des populations étant toujours de rigueur, notamment les Peuls, que l’ONU s’est rappelé de l’accord d’Alger, Alger qui a su mettre un étouffoir aux prétentions d’expansion et d’indépendance des Touaregs locaux.
C’est dans cette optique que M.Rachid Bladehane, secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale et des compétences à l’Etranger, a présidé dimanche à Bamako la 4e réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’accord (CSA) pour la paix et la réconciliation au Mali. La réunion du comité de suivi s’est déroulée en présence des ministres des Affaires étrangères de quatre des cinq pays membres de la force antidjihadiste du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso). Le Tchad, membre aussi du G5 Sahel, et l’Algérie étaient représentés par des diplomates, et la France par son envoyé spécial pour le Sahel, Christophe Bigot. L’Union africaine était représentée par son commissaire à la paix et à la sécurité, l’Algérien Smaïl Chergui.
Le retour de soldats maliens à Kidal, ville du nord aux mains d’ex-rebelles, est peut-être un prélude à une prise en mains de la région par l’armée malienne, a été débattu à Bamako, mais pas que.

Efforts et suivis algériens
Comme signalé plus haut, c’est la première réunion depuis septembre 2019 du Comité de suivi de l’accord d’Alger (CSA) de 2015, qui prévoit, entre autres, pour un retour de la souveraineté à l’armée malienne, le désarmement de groupes rebelles et leur intégration dans les forces de défense maliennes.
Le principal mouvement de rébellion, la Coordination des mouvements de l’Azawad, une alliance de groupes rebelles avait paraphé, on s’en souvient, l’accord de paix avec Bamako en 2015, puis s’est abstenu de retourner à la table des négociations après le report d’une réunion en septembre 2019 de cette instance attendue à Kidal.
«La rencontre s’est bien passée après quatre à cinq mois sans réunion du CSA. Nous avons notamment parlé du redéploiement des forces armées maliennes dans le Nord de manière générale et en particulier à Kidal. C’est la première fois qu’il y a eu une vraie discussion sur cette question», a déclaré à l’AFP le chef de la mission de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif. L’armée malienne qui entend se repositionner à Kidal, une ville qu’elle avait perdue à l’issue d’âpres combats contre les rebelles en mai 2014, pourrait prétendre à jouer son rôle d’armée nationale après la réunion de Dimanche, présidée par l’Algérie qui gagnerait à sécuriser ses frontières du Sud-Ouest.
Les détails techniques de la réunion du CSA auguraient «le redéploiement à Kidal des premières unités de l’armée nationale reconstituée», une reconstitution avec des combattants de l’ex-rébellion et des groupes armés progouvernementaux.
A l’agenda de ladite rencontre figurait aussi un dialogue national inclusif, déclenché mi-décembre avec des sociétaires de la société civile et la CMA.
Le nerf de la guerre, mais aussi de la paix, étant l’argent, la réunion de dimanche devait discuter du lancement d’un fonds de développement des régions du nord du Mali, la France ayant déjà fait un pas dans ce sens en octroyant deux millions d’euros, et les participants au dialogue prévoyaient aussi d’autres bailleurs qui, pour le moment, n’ont pas encore été identifiés. n