Le nouveau Premier ministre du Mali, Soumeylou Boubèye Maiga, s’est dit prêt hier dimanche à prendre des « mesures fortes » pour renfoncer la sécurité des Maliens, en particulier dans le centre du pays confronté à une montée des attaques djihadistes.

« Nous prendrons les mesures les plus fortes pour assurer la liberté d’activité des Maliens. Nous allons également voir comment, avec les forces religieuses saines, nous pouvons organiser la riposte doctrinale », a-t-il déclaré à l’AFP.
M. Maiga a été désigné le 30 décembre à la tête du gouvernement par le président Ibrahim Boubacar Keïta après la démission surprise de son prédécesseur, Abdoulaye Idrissa Maiga. Il promet « la mise en place d’un service public itinérant pour apporter aux populations un service en matière de santé, d’éducation, et d’activités économiques». Il reconnaît toutefois que pour être « efficaces », les solutions doivent être abordées « dans un cadre dynamique sous-régional, parce que cette partie du Mali se prolonge vers les pays comme le Niger et le Bukina Faso ».
Sur le plan intérieur, le nouveau chef du gouvernement a affirmé qu’il gardait comme objectif l’application de l’accord de paix signé en 2015 à Alger. « Tant que nous n’aurons pas avancé sur le processus DDR (démobilisation, désarmement, réinsertion), nous ne pouvons pas soustraire aux groupes terroristes la base de recrutement qui leur est offerte », a-t-il souligné, affichant sa volonté de « faire avancer le processus avec l’appui des partenaires » du Mali.
Interrogé sur le contenu de la loi « d’entente nationale » annoncée le 1er janvier par le chef de l’Etat, il a répondu que « les orientations du président Ibrahim Boubacar Kéita sont claires: l’exonération de poursuites concerne particulièrement ceux qui ne sont pas impliqués dans les crimes de sang ». « Il s’agit de citoyens qui se sont retrouvés dans ces histoires sans avoir commis l’irréparable ». « Tous ceux qui renoncent à la violence et qui n’ont pas commis des crimes de sang seront réinsérés dans le tissus social », a poursuivi M. Maiga, alors que l’opposition a qualifié l’annonce de la loi d’entente nationale de « manoeuvre politique » visant à faciliter la réélection du président Keïta, au pouvoir depuis 2013.
Organiser cette présidentielle en 2018 est « tenable », a estimé M. Maiga. « Le président y attache beaucoup d’importance. Nous travaillerons dans la transparence avec la majorité et l’opposition dans un cadre de concertation qui existe déjà, pour l’organisation d’élections apaisées, transparentes en 2018 ».