Un acteur important du champ politique malien, le Mouvement du 5-juin/Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), propose aux militaires au pouvoir une transition de 18 à 24 mois.

Il leur a remis un document qui n’a pas été publié pour l’instant, mais où il propose, selon l’AFP qui cite un des dirigeants du mouvement, Choguel Maïga, « une transition de 18 à 24 mois » avec des civils à la tête d’une présidence, d’un gouvernement et d’une assemblée de transition. Il met par ailleurs sur le tapis « un comité de suivi et de surveillance de la transition qui sera majoritairement composé de membres de la junte et du M5 ». Les colonels au pouvoir n’ont pas encore communiqué sur la rencontre, mais ils vont prendre le temps d’examiner les propositions dont ils sont destinataires, selon M. Maïga qui annonce une rencontre entre les deux parties pour « très bientôt ».
La contribution du M5-RFP, qui réclame d’être un protagoniste de la transition, devrait apaiser les tensions qui sont apparues entre ses dirigeants et les militaires au pouvoir. Cette coalition de chefs religieux et de membres de l’opposition et de la société civile, qui a canalisé après avril l’exaspération des Maliens devant la grave crise sécuritaire, économique et politique traversée par leur pays, a mal pris de ne pas être invitée nominativement par la junte à la première concertation élargie sur la transition, prévue samedi, mais qui a été reportée pour des besoins d’organisation. Elle a accusé les militaires de chercher à « confisquer » le changement.
Vendredi dernier, la figure tutélaire du mouvement, l’imam Mahmoud Dicko, avait prévenu les militaires qu’ils n’avaient pas « carte blanche » et auraient tort de s’enfermer dans leur camp de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, en tenant les forces vives à l’écart. Hier, son porte-parole, Issa Kaou Djim, a indiqué qu’ils avaient « compris » le message et que « le malentendu a été dissipé », après une réunion entre des représentants du M5 et les nouveaux hommes forts du pays. Cela est d’autant plus plausible que les colonels au pouvoir à Bamako ont proposé initialement trois ans sous la conduite d’un militaire, avant de rabaisser la barre à deux et de se dire ouverts sur son chef. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui fait pression pour un retour rapide à l’ordre civil et a imposé un embargo au pays pauvre et enclavé réclame une transition d’un an maximum sous responsabilité civile. n