L’envoyé spécial des Nations unies au Mali, El-Ghassim Wane, a souligné que la présence de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans ce pays «reste cruciale». «La situation au Mali reste extrêmement difficile, avec une insécurité croissante dans le nord, le centre et maintenant aussi dans le sud», a prévenu vendredi l’émissaire onusien devant le Conseil de sécurité des Nations unies, cité par le site de l’ONU. «Les attaques ciblant à la fois les forces maliennes et internationales, y compris les Casques bleus de la MINUSMA, se sont poursuivies. Rien que ce jeudi, le camp d’Aguelhok, dans la région de Kidal, a essuyé des tirs indirects de mortiers et de roquettes», a-t-il relevé. Et d’ajouter que «la situation humanitaire est également préoccupante, avec 4,7 millions de personnes nécessitant une assistance et quelque 400.000 personnes déplacées à l’intérieur du pays».
Pour M. Wane, dans ce contexte, «la présence de la MINUSMA reste cruciale au Mali». Le Représentant spécial, qui est également le chef de la MINUSMA, a indiqué que la mission faisait de son mieux pour soutenir les autorités nationales.
Entre mai et octobre, la Mission a répondu à «une myriade de demandes» du gouvernement et des forces de défense et de sécurité, en termes de rations, de carburant, de transport terrestre et aérien et de services d’ingénierie, a tenu à préciser M. Wane. Il a toutefois averti que la Mission était actuellement «surchargée». «Toutes ces activités sont entreprises dans les limites des ressources existantes. C’est dans ce contexte que le Secrétaire général (de l’ONU Antonio Guterres) a recommandé une augmentation de notre opération», a-t-il fait savoir. Désormais, selon M. Wane, les autorités de transition maliennes estiment que l’amélioration de la situation sécuritaire et le lancement de certaines réformes fondamentales «sont essentiels pour la tenue d’élections crédibles et pour garantir que le retour à l’ordre constitutionnel et à la stabilité ne soit pas de courte durée». Par ailleurs, la sous-secrétaire générale des Nations unies aux droits de l’Homme, Ilze Brands Kehris, a annoncé vendredi qu’elle effectuerait une visite de six jours au Mali, à partir du 1er novembre. La responsable onusienne rencontrera de hauts responsables gouvernementaux, le chef de la Mission de l’Union africaine au Mali et au Sahel (MISAHEL), des hauts responsables du G5-Sahel, des membres de la communauté diplomatique, ainsi que des responsables des institutions nationales des droits de l’homme et d’autres entités, a-t-on indiqué.