Synthèse Salim Benour
Mercredi 22 septembre, le Mali a célébré l’anniversaire de son indépendance, proclamée il y a 61 ans par Modibo Keïta, son premier président. La veille, mardi 21 septembre, le chef de file du pouvoir de transition à Bamako, le colonel Assimi Goïta, s’est adressé aux Maliens sur les ondes de l’ORTM.
L’homme fort du pays est resté discret sur la date des futures élections prévues au début de l’année prochaine, en février 2022, un rendez-vous que les partenaires de l’Union africaine (UA), de l’ONU, de l’UE et de la CEDEAO lui demandent de respecter. Le président de la Transition a simplement rappelé sa volonté de tenir, au préalable, des Assises nationales de la refondation «afin d’impulser une vraie dynamique de changement» et de mettre en place un organe unique de gestion des élections. Deux projets qui suscitent l’opposition de nombreux partis politiques. Il ne s’est pas non plus exprimé sur l’affaire Wagner et l’éventualité de signer un accord sécuritaire avec ce groupe russe privé.
Dans son discours, le colonel Goïta a évoqué le défi de la sécurité collective auquel est confronté le Mali. «C’est le lieu, une fois de plus, d’inviter nos partenaires à une meilleure lecture de la situation du Mali, marquée par une crise multidimensionnelle profonde», a-t-il dit. Il a souligné sa volonté de
«refondation» du pays, évoquant sans plus de précision l’organisation d’élections comme l’un des objectifs du gouvernement. Il fait remonter le vrai début de cette entreprise de
«refondation» à mai 2021, date à laquelle il a mis fin au mandat du président Bah N’daw et son Premier ministre Moctar Ouane. «De cette date à nos jours, notre pays suit avec constance sa marche vers la refondation de son architecture politique et institutionnelle», a-t-il dit. Le président de la Transition s’est aussi attardé sur la lutte contre «la corruption, la délinquance financière et l’impunité», évoquant l’audit des services publics en cours ainsi que les «mesures vigoureuses» prises par la justice malienne. Des mesures qui valent à deux anciens ministres, Soumeylou Boubeye Maïga et Fily Sissoko, et à l’ancien chef de la Force spéciale antiterroriste Forsat, le commissaire divisionnaire Oumar Samaké, d’être actuellement inculpés et incarcérés. Karim Keïta, le fils du président déchu IBK, fait également l’objet d’un mandat d’arrêt international.
«À travers cette lutte, nous rassurons le peuple malien que ses attentes
seront comblées, car aucun privilège ne sera accordé aux personnes
impliquées. Ces mesures sont aussi valables pour les départements de
la Défense et de la Sécurité», a-t-il
assuré. n