Synthèse Anis Remane
Les relations entre les autorités militaires de transition au Mali et les Nations unies semblent se diriger vers une accalmie après les récentes frictions qu’elles ont connues récemment ainsi que les incompréhensions et le flou générés par l’affaire des militaires ivoiriens arrêtés à l’aéroport Modibo Keïta à Bamako. Signe de cette accalmie, les déclarations du chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop qui a dit que son pays «n’est pas en guerre avec les Nations unies» lors de la visite de quatre jours qui s’achève aujourd‘hui du Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix. «Même dans une famille il y a des difficultés, il y a des problèmes mais on les surmonte», a ajouté le ministre malien des Affaires étrangères.
«Les discussions avec le ministre Diop se sont bien passées», a déclaré, pour sa part, M. Lacroix dans une conférence de presse conjointe, en indiquant que la volonté onusienne était de «revoir ensemble la manière dont nous allons parvenir à l’avenir (…) à appuyer le Mali dans ses objectifs». Sa visite intervient quelques jours après l’expulsion du pays du porte-parole de la mission onusienne au Mali ( Minusma), Olivier Salgado, pour avoir selon Bamako publié sur Twitter des «informations inacceptables» au lendemain de l’arrestation de 49 soldats ivoiriens à Bamako le 10 juillet. «La justice est saisie, elle fera son enquête», a indiqué à ce sujet M. Diop en ajoutant qu’«en parallèle de ce processus judiciaire le Mali a toujours indiqué qu’il était aussi ouvert pour le dialogue, pour un règlement pacifique».
Le renouvellement récemment du mandat de la Minusma s’est accompagné d’une «opposition ferme» du Mali à la liberté de mouvement des Casques bleus pour des investigations liées aux droits humains. Bamako veut imposer un feu vert préalable à de telles enquêtes. Mi-juillet, Bamako a également annoncé la suspension de toutes les rotations de la Minusma, arguant de la nécessité de tenir une «réunion» entre les deux parties pour «faciliter la coordination et la règlementation» desdites rotations. Aucune date n’a été avancée pour cette réunion. L’Egypte avait le lendemain annoncé suspendre la participation de ses quelque 1.035 soldats à compter d’août au sein de la Minusma, qui compte 12.261 soldats et 1.718 policiers. «Les rotations c’est comme le système sanguin, il y a urgence que nous puissions (les) reprendre», a dit M. Lacroix.