Dans la 13e édition de son rapport économique sur l’Algérie, présenté mercredi soir à l’hôtel El Djazaïr, en présence des membres du gouvernement et de hauts responsables issus de divers horizons, le cabinet Oxford Business Group (OBG) a détaillé la démarche algérienne d’une diversification «incontournable pour garantir la stabilité de la croissance de l’économie nationale à moyen et long termes».
La réussite d’une telle démarche est tributaire d’une série de conditions. OBG évoque la nécessité de promouvoir les investissements privés et attirer davantage les investissements étrangers, les qualifiant d’«actions essentielles» pour permettre le développement de secteurs stratégiques où l’Algérie peut compter sur des avantages compétitifs tels que les produits pharmaceutiques, les matériaux de construction, l’agriculture et le tourisme.
Le cabinet spécialisé relève également la contribution de la hausse des dépenses de l’Etat fixée par la loi de finances pour 2018 à la bonne performance de l’économie algérienne.
Toutefois, les experts du groupe avertissent quant au «risque d’essoufflement en 2019 si cette dynamique n’est pas entretenue par une hausse de l’investissement privé et public et une relance de la captation d’investissements directs étrangers qui se sont établis à 1,2 milliard de dollars en 2017».
D’autre part, le rapport a détaillé les acquis et perspectives du marché énergétique algérien, soulignant, d’abord, le lancement de la stratégie SH 2030 de Sonatrach, à laquelle est consacré un plan d’investissement de 55 milliards de dollars à l’horizon 2030. La nouvelle loi sur les hydrocarbures, prévue pour l’année 2019, doit permettre, selon le même document, «d’accompagner la transformation déjà enclenchée du secteur énergétique algérien et assurer la maximisation du potentiel national dans ce secteur».
A propos de l’industrie, le rapport met l’accent sur le maintien de la croissance durant les deux dernières années, qualifiant la sidérurgie, à laquelle l’Algérie accorde un intérêt croissant, d’un «autre enjeu majeur du développement industriel algérien».
Dans ce registre, OBG estime que le mégaprojet de phosphates à l’est du pays pour une valeur totale de 6 milliards de dollars représentait l’un des plus importants projets lancés ces dernières années en Algérie.
Quant au secteur financier, le rapport souligne les nombreux développements enregistrés en 2018, notamment la nouvelle politique de la Banque d’Algérie, la mise en place du paiement électronique, l’inclusion financière et le potentiel des autres modes de financement dont la finance islamique, le leasing». Intervenant lors de cette présentation dudit rapport, Youcef Yousfi, ministre de l’Industrieet des Mines, a salué la progression et la diversification des exportations hors hydrocarbures, expliquant que de nombreux défis restent à relever, dont la fluctuation des prix de pétrole et l’environnement géopolitique imprévisible. De son côté, Saïd Djellab, ministre du
Commerce, évoque la nécessité de reconfigurer le tissu commercial national et déployer les exportations hors hydrocarbures. Quant à Djamel Kaouane, ministre de la Communication, il est revenu sur le rapport qu’il qualifie de «référence» arguant ses dires par le fait que ce document est «piloté par des experts reconnus dans leur domaine et ayant accès à des données concrètes. Et d’ajouter : «Le rapport est également un bon miroir de ce qui se fait et peut être fait en Algérie».
Par ailleurs il y a lieu de préciser qu’Oxford Business Group a dévoilé les résultats d’une enquête, menée en 2018 auprès de 90 chefs d’entreprise, afin d’évaluer la confiance de ces dirigeants quant à la situation économique et les perspectives de développement aux cours de la prochaine année.
Baptisée «Baromètre des entreprises OBG», l’enquête relève que 73% des chefs d’entreprise interrogés entrevoient positivement ou très positivement l’évolution des conditions du marché local aux cours des 12 prochains mois, contre 61% lors du dernier sondage en novembre 2017.
S’intéressant également à la transparence dans la conduite des affaires en Algérie, l’enquête révèle que 46% des chefs d’entreprise interrogés affirment que le degré est «très bas».
Quant à la disponibilité des compétences locales, les chefs d’entreprise
ont déclaré que le pays avait besoin de compétences en leadership (26%), en recherche et développement (21%, en hausse de 17 points par rapport à l’an dernier), et en gestion d’entreprise (20%). n