Beaucoup d’Algériens n’ont pas vraiment digéré le fait que Riyad Mahrez n’ait pas souvent joué pour le finish de Manchester City. Le capitaine de l’équipe nationale s’est contenté d’une demi-heure lors de l’élimination des siens contre l’Olympique lyonnais en ¼ de finale de Ligue des Champions UEFA samedi. Trop peu pour ses admirateurs qui s’attèlent à penser que son coach ne lui montre pas assez de considération. A tort ou à raison ? Décryptage de la saison sur la base du facteur temps.

Après avoir été laissé sur le banc pour le 1/8 de finale retour de Ligue des Champions face au Real Madrid, Riyad Mahrez, comme beaucoup d’Algériens, espérait certainement que son coach compte sur lui pour le quart de finale de la C1 contre l’Olympique lyonnais afin de retrouver des sensations. Mais, au final, le Vert n’a pas été aligné d’entrée dans une rencontre où les choix de Pep étaient, comme lors des dernières sorties, incompréhensibles.
Ce n’est qu’à la 56e minute de jeu qu’il a pu faire son entrée en jeu. Douze minutes après, il a fait une passe clé pour Sterling qui a assisté Kevin De Bruyne sur le but égalisateur. Mais le mal était déjà fait. Les Citizens et leur entraîneur avaient pris la partie du mauvais bout. Et ils ont fini par la perdre non sans que les initiatives du driver soient pointées du doigt.

Ultra-concurrence
En tout cas, sur le plan personnel, le capitaine de l’Équipe nationale n’aura pas connu une séquence 2019-2020 catastrophique comme on peut le croire. Certes, on aurait aimé le voir plus souvent. Mais la logique de turn-over du premier responsable de la barre technique des Skyblues conjuguée à la concurrence récurrente dans un effectif pléthorique où les places sont chères ont fait de lui un remplaçable. Les titulaires indiscutables à Man City se comptent sur le nombre des doigts (Ederson, Sterling, De Bruyne et Agüero avant sa blessure). Et, malheureusement, l’ancien sociétaire de Leicester City n’en fait pas partie. Cependant, beaucoup pensaient que le statut de champion d’Afrique décroché avec l’Algérie l’été dernier ferait basculer le natif de Sarcelles (Paris) dans une nouvelle classe. Qu’il lui ferait franchir un nouveau palier et lui donnerait plus de crédit aux yeux du driver espagnol. Ça l’a été par certains moments. Mais ce sentiment n’était pas vraiment constant. Guardiola est aussi imprévisible dans ses choix que Mahrez en dribbles. A-t-il lésé le gaucher ? Les fanatiques et admirateur du Dz diront que oui. Les statistiques pour ce qui est du temps passé sur les pelouses par rapport à l’opus 2018-2019 montrent que non. Avant d’être non-utilisé contre le Real Madrid et exceptée la finale de la EFL Cup (Coupe de la Ligue anglaise) jouée et remportée face à Aston Villa le 1er mars dernier, il fallait remonter aux 19 février 2020 contre West Ham en Premier League pour trouver les dernières traces d’un duel dans lequel le milieu offensif de 29 ans n’a pas joué la moindre minute.

Plus utilisé
Depuis, il a aligné 12 rencontres (677 minutes sur 1080 possibles) en championnat dont 7 titularisations. Et ce, malgré la forme étincelante de Phil Foden et la lutte âpre de la part de Bernardo Silva pour le poste. Ce dernier est le véritable concurrent direct du Dz car Foden n’a pas tout à fait le même rôle que Mahrez qui joue sur le flanc. L’international anglais est plus utilisé dans l’axe du jeu ou sur le côté gauche de l’attaque de Man City. En compilant le temps de jeu du métronome d’El Khadra en PL, sa présence sur terrain est estimée à 1940 minutes contre 1339 lors de l’opus 2018-2019.
En Coupe de la Ligue anglaise, remportée par les siens, il a commencé 4 rencontres sur ses 5 apparitions pour un total de 351 minutes contre 397 à l’issue de l’édition précédente. Lors de la finale gagnée au détriment d’Aston Villa (2-1), il a été ménagé. Pour ce qui est de la Coupe nationale (FA Cup), l’aventure des poulains de Pep s’est arrêtée en demi-finale avec une défaite infligée par Arsenal (2-0). Celui qui a été transféré en provenance des Foxes pour 69 millions d’euros en été 2018 a pris part aux 5 tests dans cette épreuves (4 fois dans le onze de départ et une fois remplaçant). Cela fait 286 minutes passées sur le pré contre 389 pour la défunte séquence dans laquelle, il faut le noter, les camarades de Raheem Sterling ont décroché le trophée. Par ailleurs, pour ce qui est de la Ligue des Champions, le gaucher aura fait 7 apparitions sur les 9 empoignades que son team a disputées. En phase de groupes, il a participé à 5 rencontres, en débutant à chaque fois. Il a aussi disputé l’intégralité de la grande affiche des 1/8 de finale « aller » face aux Madrilènes qu’il a remportée 2 buts à 1 avec ses compères. Dans ses 5 utilisations, son addition minutes s’élève à 572. C’est déjà 184 minutes de plus par rapport à l’exercice passé où il avait joué 388 minutes sachant que la formation anglaise avait été sortie en quart de finale.

Tendance départ quasi-nulle
Ainsi, penser que Mahrez soit en perte de vitesse ou que sa courbe soit descendante aux yeux de son entraîneur reste une lecture quelque peu infondée. Par rapport à la saison 2018-2019, il compte 6 apparitions de plus (50 contre 44) et un différentiel positif de 636 minutes (3149 cet exercice contre 2513 l’an dernier), c’est pour dire qu’il a réussi à progresser et avoir beaucoup plus d’importance au sein du groupe. Cela se voit sur le plan numérique et la rentabilité. Le bilan est de 13 buts et autant de passes décisives toutes compétitions confondues contre 12 pions et le même nombre d’offrandes pour sa première année. Un rendu non-négligeable et la conviction que le milieu offensif aux 57 capes avec l’EN n’est pas un faire-valoir en club. Même s’il est déboulonnable. Reste à savoir si le joueur peut se satisfaire de ce rôle ou aspire-t-il à aller s’imposer ailleurs et à quel prix. Surtout qu’il perçoit près de 12 millions annuels (11.8) et que son contrat court jusqu’en juin 2023. n