Jouissant de l’impunité internationale, l’armée d’occupation israélienne poursuit ses tueries à Gaza. Sept Palestiniens tués et près de 500 blessés par des soldats israéliens lors de protestations de vendredi dernier sur les frontières, une semaine après une journée des plus sanglantes. Sur le plan international, c’est le silence radio.

Le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, a demandé d’adopter une déclaration appelant à une enquête indépendante sur les tueries. Washington s’est à nouveau opposé interrompant une procédure de silence qui devait conduire à l’adoption du texte. Ce qui a fait dire à Riyad Mansour l’ambassadeur palestinien à l’ONU, si la plus haute instance de l’ONU ne fait rien, « cela encourage Israël » dans ses exactions contre les Palestiniens et ces derniers se réservent la possibilité de saisir l’Assemblée générale de l’ONU (193 pays) pour obtenir un « mandat » pour une enquête internationale. Avec un espoir plutôt faible. Le 1er avril une demande d’une « enquête indépendante » sur l’usage de balles réelles par l’armée israélienne a été sans suite. En attendant, les Israéliens poursuivent leurs exactions où même les médias ne sont plus à l’abri. Un journaliste palestinien a été tué par l’armée israélienne. Yasser Mourtaja, travaillait pour l’agence Ain Media, basée à Gaza. Une vidéo prise au moment où il était transporté vers un centre de soins le montre portant une veste sur laquelle on pouvait lire « presse ». Le caractère volontaire de tuer n’est plus à démontrer. Le frère de Yasser, également journaliste, a dit qu’il se trouvait à ses côtés quand il a été touché. « La cible était très clairement les journalistes », a-t-il affirmé. Samedi, des dizaines de proches et de confrères du journaliste ont participé à une procession entre l’hôpital et sa maison lors de laquelle son corps était recouvert du drapeau palestinien et d’un gilet « presse ».  Assistant aux funérailles, le dirigeant du mouvement de résistance Hamas, Ismaïl Haniyeh, lui a rendu hommage, affirmant qu’Israël attaquait des journalistes qui essayaient de montrer la « vraie image d’un peuple opprimé sous blocus ». A Ramallah, en Cisjordanie occupée, une cinquantaine de journalistes se sont aussi rassemblés à la mémoire de Yasser Mourtaja. Le syndicat des journalistes palestiniens a indiqué que cinq autres journalistes avaient été blessés vendredi, soulignant qu’ils étaient clairement identifiables avec leur veste. Des milliers de Palestiniens s’étaient rassemblés, et vendredi près de la barrière l’armée d’occupation n’a pas hésité à ouvrir le feu tuant froidement des manifestants désarmés. Le 30 mars, des protestations similaires s’étaient soldées par le massacre de 19 Palestiniens tués par l’armée israélienne lors de la journée la plus sanglante depuis l’agression de 2014. Le mouvement de protestation, baptisé «la marche du retour», prévoit des rassemblements et campements durant six semaines à la frontière pour réclamer « le droit au retour » de quelque 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres. Des habitants de la bande de Gaza ont enterré hier leurs proches tués la veille par l’armée d’occupation et sont déterminés à poursuivre la lutte. Des manifestants ont incendié des pneus – pour tenter de réduire la visibilité – et lancé des pierres sur les soldats, qui n’hésitent pas à tuer. Les agressions permanentes d’Israël, l’inhumain blocus, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, alimente la forte tension dans cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Malgré les critiques de l’ONU et de l’Union européenne sur l’usage de balles réelles, Israël semble un Etat au-dessus du droit international. L’envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, s’était limité à appeler les Israéliens à la « retenue maximale » et les Palestiniens « à éviter les frictions ». Cette tension intervient alors que les Etats-Unis prévoient d’inaugurer leur ambassade à Al-Qods autour du 14 mai. La décision du transfert par Donald Trump de l’Ambassade US à Al Qods occupée en décembre dernier est considérée comme une négation des revendications des Palestiniens.