Depuis quelques jours, son nom avait circulé comme éventuel successeur de Charaf-Eddine Amara à la tête du Conseil d’Administration (CA). Mohamed Abrouk, légende vivante du CR Belouizdad, a été désigné au poste hier par les membres dudit comité. A presque 80 ans, on voit mal ce que l’ancien gardien du Chabab pourrait apporter.

Par Mohamed Touileb
Symboliquement, c’est fort. Mais ça a plus des allures d’un poste rempli juste pour qu’il ne reste pas vacant. En gros pas de décisions importantes à prendre, juste des réunions du CA à présider. La situation des « Rouge et Blanc », bien placés en championnat (4es, 36 points) et en ballotage favorable pour durer en Ligue des Champions CAF avec les demi-finales qui se profilent, permet cette intronisation sans avoir à gérer une éventuelle contestation.
Un âge et une santé défavorables
En Algérie, la méritocratie est liée à l’aura et à la réputation. Ce n’est pas la compétence qui prime. Un nom qui impose le respect peut suffire. C’est le cas d’Abrouk qui a sa notoriété auprès des supporters. Ces derniers le considèrent comme une des icônes du CRB. Il a fait partie du Grand Chabab qui a pris 6 titres nationaux entre 1965 et 1970. Au total, il a fait le doublé coupe-championnat lors des saisons 1965-1966, 1968-1969 et 1969-1970.
Aussi, sur le plan régional, il a remporté 3 coupes du Maghreb des clubs champions de suite. C’était lors des opus 1969-1970, 1970-1971 et 1971-1972. C’était le football d’une autre époque avec ses spécificités dans la gestion. C’est pour dire que les temps ont changé et Abrouk pourrait avoir du mal à gérer nombreux paramètres. De surcroît son âge et son état de santé ne peuvent qu’accentuer l’ambigüité autour de son arrivée à la tête du CA. Est-ce que les personnes qui le composent ont pris une décision utile et responsable pour un poste qu’occupait Charaf-Eddine Amara, devenu président de la Fédération algérienne de football (FAF) en avril dernier. On passe d’un avocat un retraité resté loin du milieu du football depuis un certain temps. C’est pour dire que les deux profils sont relativement différents.
Emploi fictif
Pour rappel, la loi interdit au boss de la FAF de cumuler les fonctions selon le décret exécutif 60-21 du 8 février 2021, modifiant et complétant le décret exécutif 15-340 du 28 décembre 2015 relatif au non-cumul entre la responsabilité exécutive et élective et la responsabilité administrative au sein des structures d’organisation et d’animation sportives.
Ainsi, Amara devait renoncer à la présidence des gars de Laâquiba après avoir succédé à Kheireddine Zetchi qui avait, lui aussi, confié la gestion du Paradou AC à son frère durant son mandant à l’instance footballistique. Toutefois, les décisions étaient bien évidemment prises après consultation de Zetchi resté officieusement chairman des Pacistes. Pour les Belouizdadis, ça sera la même chose. Abrouk n’est qu’une sorte de devanture pour Amara. Il sera payé pour… ne rien faire. Juste à servir comme couverture. Sa rémunération ne sera pas pour services en matière de gestion mais juste pour une présence aux réunions et devant les médias. n