Le ministère des Ressources en eau continue d’enregistrer des demandes de concessions d’exploitation de sources d‘eaux minérales. Les investisseurs dans ce créneau estiment que le traitement de leur dossier met trop de temps. Un état des lieux sur lequel s’est prononcé le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, lors de son passage hier au Forum du quotidien «El Hiwar».

Selon le ministre, les concessions d’exploitation des sources qu’accorde son département sont soumises à des règles strictes. Citant, entre autres, le fait que ses services doivent effectuer deux prélèvements au niveau de la source qui font l’objet d’une demande d’exploitation, «l’un en période de basse eau et l’autre en période de haute eau, autrement dit la durée qui sépare le 1er du 2e prélèvement est longue et peut s’étaler jusqu’à près d’une année». Et de préciser que c’est un délai «nécessaire pour arriver à se prononcer sur les caractéristiques physico-chimiques de l’eau de la source». Le ministre a, ainsi, rejeté d’un revers de main les accusations concernant «la lourdeur de l’administration» dans le traitement des dossiers. Soulignons, qu’auparavant, il a retracé toutes les avancées enregistrées dans son secteur ces dix dernières années. «Certes nous avons gagné la bataille de la mobilisation de l’eau mais il nous reste encore à mener une autre : celle de la gestion des ressources en place», a souligné Necib. Et à ce titre il a tenu à faire savoir, concernant l’AEP, que «nous sommes passés en l’espace de quatre ans d’une moyenne de 120 l/jour par habitant à 180 l/j/ha», et fait part de «la livraison, en 2018, de cinq barrages et la mise en service de plusieurs transferts», citant entre autres, le plus important à ses yeux, celui qui concerne l’approvisionnement en eau potable de la wilaya de Mascara à partir de la grande unité de dessalement de Macta. A propos de dessalement le ministre a rappelé le lancement prochain de quatre projets d’unités de dessalement d’eau de mer. Toujours dans le même registre, il a annoncé que dans le cadre de l’exploitation des eaux usées, «31 stations d’épurations vont entrer en service d’ici la fin de l’année en cours. Concernant la stratégie en place pour une gestion efficace des ressources, il a indiqué qu’elle repose sur trois axes : suffisamment de mobilisation, diversification de la ressource et veiller à travailler de façon complémentaire. Et de souligner dans ce sens : «Nous demandons aux communes sans sociétés d’exploitation de s’impliquer davantage dans la gestion de l’AEP». Selon le ministre, elles seraient près de 300 dans ce cas de figure. Interrogé sur le dégel de certains projets, l’invité du forum a informé qu’une enveloppe de 90 milliards de dinars leur sera consacrée. Ce dernier s’est aussi prononcé sur les raccordements anarchiques et les déperditions dues à la vétusté par endroits du réseau d’AEP en place. «La multiplication des raccordements anarchiques occasionne beaucoup de pertes aux entreprises qui gèrent l’AEP. D’où l’intérêt de créer une police des eaux», a estimé le ministre car «cela pourrait dissuader les auteurs des branchements illicites». Quant à la problématique des déperditions, «elle fait l’objet d’une attention particulière de la part des sociétés de gestion des AEP». Toujours à propos des réseaux d’AEP et leur absence dans certaines zones urbaines du pays, notamment à l’est, Necib a rappelé que la crise va diminuer avec l’entrée en exploitation de systèmes de transfert. Pour l’aïd, le ministre a tenu a rassuré les ménages sur la disponibilité de l’eau et que des quantités suffisantes seront mises à leur disposition. Comme il a tenu à faire savoir enfin que des instructions fermes ont été données aux entreprises d’exploitation et de gestion concernées de faire en sorte que l’eau ne manque pas dans les robinets.