Alors qu’une timide « reprise » de l’activité saisonnière est annoncée pour le 15 août, avec la « réouverture » notamment des plages et des restaurants, les agences de voyages restent pour leur part dans l’incapacité de travailler. Le responsable de l’une des principales structures du secteur, le Syndicat national des agences de voyage (SNAV), nous a précisé, hier, que l’annonce du gouvernement quant à la réouverture des plages et des espaces de loisirs n’aura « aucun impact positif » sur les près de 3 500 agences de voyages que compte le pays : « Le cœur de notre travail est le voyage, tant que les frontières restent fermées, tant que les avions ne décollent pas… nous ne pourrons pas travailler. »
En ce sens, Bachir Djeribi, à la tête d’un syndicat qui réunit près de 800 membres, souligne sans détour : « Pour nous, cette saison est morte et enterrée. La préoccupation aujourd’hui est de sauver ce qui peut l’être. » Ainsi, notre interlocuteur fait savoir que la possibilité de licenciements, de plans sociaux ou même de faillites est « bien réel » et ajoute que cette situation impactera durablement le secteur. « Les agences de voyages ont des personnels compétents, expérimentés. Nous faisons tout ce qui est possible pour conserver ces emplois, mais pour combien de temps encore ? » Le président du syndicat estime en ce sens que la « stabilisation » du secteur nécessitera plusieurs années : « Nous sommes inquiets pour l’avenir, il faudra attendre longtemps avant de retrouver la situation d’avant Covid-19, peut-être en 2025 ou même plus tard. »
Le syndicaliste va plus loin et décrit une situation « presque catastrophique » pour les entreprises. Il affirme également que la crise du secteur impacte également la clientèle des agences de voyages en attente de remboursement pour beaucoup d’entre elles : « Nous avons des clients qui demandent à être remboursés (…) mais nous sommes aussi dans une situation délicate, les compagnies aériennes ne nous ont pas encore donné la main pour les remboursements. » Dans ce contexte, il est à rappeler que les professionnels du secteur réclament des mesures d’aides et de soutien « exceptionnelles ». Et les contacts avec le ministère du Tourisme ont été nombreux, notamment lors d’une réunion le 16 juillet dernier avec le ministre du Tourisme Mohamed Hamidou. Mais les effets sur le terrain se font néanmoins attendre. Bachir Djeribi en appelle ainsi aujourd’hui aux plus hautes autorités de l’Etat : « A l’heure actuelle, la solution à la situation des agences de voyage n’est plus seulement au niveau du ministère du Tourisme. Cela doit remonter plus haut au gouvernement, à la présidence. Nous avons discuté de manière concrète avec le ministre du Tourisme, il nous a promis qu’il ferait l’impossible pour aider les agences de voyages… mais tout cela prend du temps, et chaque jour, la situation est de plus en plus intenable pour nos entreprises, nos employés et leurs familles ». Le syndicaliste demande ainsi des gestes forts en faveur du secteur. « Le président de la République a fait preuve d’une excellente position pour le secteur du tourisme lors de son premier discours. Nous lui demandons aujourd’hui d’avoir à nouveau des déclarations fortes en faveur du développement de notre secteur économique », a-t-il indiqué.
Ainsi, il s’agit déjà pour le président du Syndicat national des agences de voyage de préparer l’après-Covid-19, « dès maintenant », dit-t-il. Notamment en réactivant dans les plus brefs délais le Conseil national du tourisme. « Je rappelle qu’il regroupe tous les acteurs du domaine et est présidé par le Premier ministre. L’avantage est de permettre une prise de décision collégiale et surtout qui s’adresse automatiquement à tous les ministères ». L’autre point essentiel pour Bachir Djeribi, en plus d’une « meilleure communication » entre la tutelle et les acteurs de terrain, est que « l’Algérie facilite à l’avenir la délivrance de visas aux touristes. C’est comme cela que nos partenaires étrangers pourront remettre la ‘’destination Algérie’’ sur leurs brochures. Et je vous garantis que c’est l’un de leurs souhaits (…) L’Algérie a largement les atouts pour être une destination touristique de premier plan. »