Le Syndicat national des enseignants hospitalo-universitaires (Snechu), qui a rendu compte de la poursuite du dialogue avec la tutelle – ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur – et de son issue, a annoncé maintenir son mouvement de grève illimitée, mais uniquement sur les activités pédagogiques au niveau des facultés de médecine.

Hier, les enseignants dans les facultés de médecine ont, en effet, cessé toute activité d’enseignement de graduation et de post-graduation. Le syndicat est revenu, dans un communiqué, sur sa réunion, le mercredi 25 avril, avec M. Tahar Hadjar et M. Mokhtar Hasbelloui. Par la voix de sa présidente, le Pr Wahiba Ouahioune, le syndicat rappelle que « l’appel à la grève concerne uniquement les activités pédagogiques, soit l’arrêt de tout enseignement théorique ou pratique, ainsi que l’organisation et la surveillance des examens de graduation et de post-graduation. Elle ne touche nullement, pour l’instant, les activités de soins qui pourraient être envisagées, à l’avenir, si nos doléances ne sont pas satisfaites». Lors de cette réunion, les revendications posées par le syndicat ont été étudiées, parmi lesquelles le glissement catégoriel des maîtres-assistants et la revalorisation de l’indemnité hospitalière, pour lesquelles les deux ministres se sont engagés, selon le communiqué, à saisir la hiérarchie pour mettre en place une commission intersectorielle regroupant, en plus des deux tutelles, la Fonction publique, le ministère des Finances et celui du Travail. Concernant la régularisation de la pension de retraite, il a été rappelé que le principe du manque à gagner est acquis.
Selon le même communiqué, il a été demandé au Snechu de saisir le ministère du Travail pour plus de précisions. A ce sujet, selon la présidente du syndicat, une demande d’audience à M. Mourad Zemali, ministre du Travail, a été formellement introduite. «Nous attendons toujours une réponse», a-t-elle déclaré, insistant sur «la poursuite de la grève jusqu’à l’installation de la commission intersectorielle». A propos de la projection hospitalière des enseignants des sciences fondamentales, une réunion interministérielle se tiendra aujourd’hui  au siège du ministère de l’Enseignement supérieur. D’autres points ont été discutés lors de cette rencontre, et le ministre de la Santé s’est engagé à les traiter dans la limite des textes et de la réglementation en vigueur. Il s’agit de la revendication d’une journée pédagogique qui sera étudiée en introduisant la notion d’aménagement des horaires d’activité des soins pour les maîtres-assistants en thèse, comme c’est le cas pour les activités  d’enseignement. Concernant la revendication de l’activité lucrative, le syndicat a indiqué que le ministre de la Santé s’est engagé à traiter cette question dans le cadre des textes de loi.
Néanmoins, si les enseignants hospitalo-universitaires ont assuré prendre le «relais» des médecins résidents qui ont décidé de déserter les gardes, ils avertissent que dans le cas où les négociations échoueraient, la grève s’étendra aux soins. Le service minimum de soins ne sera en aucun cas  touché, car, selon eux, «il fait partie du code de déontologie» auquel ils sont soumis. Le Snechu a également jugé nécessaire de rappeler au ministre de la Santé que les maîtres- assistants ne pourront pas continuer à travailler dans ces conditions, notamment après l’arrêt des gardes par les résidents. A ce propos, M. Hasbellaoui a promis au Snechu que «des mesures seront prises». Outre la révision du statut de l’enseignant chercheur hospitalo-universitaire, en particulier les maîtres-assistants, les points soulevés par le syndicat consistent en la revalorisation de la retraite, la révision de l’indemnité professionnelle dans les hôpitaux et  l’avenir des enseignants des sciences fondamentales en médecine au sein du secteur de la santé. La présidente du bureau national du Snechu avait déclaré, lundi dernier, lors d’une conférence de presse, que «depuis trois ans, nous avons privilégié la voie du dialogue, mais étant donné que nos revendications demeurent sans suite, nous sommes contraints de recourir à une grève de l’activité pédagogique». Ajoutant que celle-ci  pourrait évoluer en «une cessation des soins» si les revendications de ce corps, englobant les assistants, maîtres-assistants et professeurs, ne sont pas satisfaites.