Des centaines de lycéennes et de lycéens, plus de 3 000, selon des observateurs, se sont donné le mot pour rejoindre, dimanche matin, l’esplanade du 1er-Mai, débaptisée par les manifestants du vendredi en place El Qods, où ils ont crié ensemble leur rejet et leur indignation de la décision prise par le président américain Donald Trump de reconnaître

El Qods comme capitale d’Israël et de transférer son ambassade de Tel-Aviv vers Jérusalem. Déployant, tout en haut du monument symbolisant la porte d’entrée de la ville de Ghardaïa, sur lequel étaient juchés de nombreux lycéens, un grand et superbe drapeau de la Palestine. Des lycéens et des collégiens de plusieurs établissements de la vallée du Mzab, notamment les cinq lycées (Sidi Abbaz, Karma-Bouhafs, Mohamed-Lakhdar-Fillali, Moufdi-Zakaria et Imam Aflah-Abdelwahab) et le Technicum Hamoud-Ramdane de la cité El Korti, ont crié à gorges déployée, pendant plus de deux heures, les slogans traditionnels en soutien au peuple palestinien frère qui lutte pour sa liberté et l’émergence d’un Etat palestinien avec El Qods comme capitale. « Où sont les Arabes, ceux qui ne savent bombarder que leurs propres frères ? » « Que font-ils pour le peuple de Palestine et sa cause sacrée ? s’indigne une lycéenne, avant que sa camarade n’ajoute : « Nous sommes jeunes, mais nous comprenons et ressentons parfaitement les souffrances de ce peuple, spolié de sa terre et trahi par ses propres frères. Nos parents nous en parlent tant que nous connaissons parfaitement l’histoire de ce pays et ce peuple de martyrs. Marcher et crier notre solidarité avec eux est le moins que l’on puisse faire à notre âge. » Un jeune qui écoutait et venu apporter son témoignage. « Dans ma famille, un de mes cousins a fait la guerre de 1973 et a traversé avec les forces algériennes le Canal de Suez. L’Algérie, hier comme aujourd’hui, restera toujours aux côtés de ce peuple frère. Je vous avoue que j’aurai souhaité que notre pays ait une frontière avec Israël. Comme ça, une bonne fois pour toutes, ou on les écrase et on les élimine de cette terre sacrée de Palestine, ou ils nous battent et comme ça, nous fermerons notre gueule à jamais. Dommage. » Pendant ce temps, la masse juvénile continuait de crier des slogans antiaméricains et antiisraéliens. «A bas l’Amérique, à bas Israël», « Palestine libre » « El Qods, capitale éternelle de la Palestine », « Palestine, cœur du monde arabe » et le célèbre refrain, répété en chœur : «Nous sacrifierons notre âme et notre sang pour toi, El-Aqsa», ont été les principaux slogans répétés par les manifestants, avant de se séparer dans un ordre admirablement organisé, sans qu’aucun incident n’ait été signalé. Ils ont fait le chemin inverse vers leurs lycées, situés aux quatre coins de la vallée, continuant à chanter dans une ambiance bon enfant. Il faut surtout souligner la fraternité des deux communautés qui ont chanté et marché ensemble dans une belle convivialité. El Qods a fédéré les frères et sœurs de la vallée du M’zab. Quelle belle leçon de fraternité et surtout de conscience citoyenne ont, à travers ce rassemblement et ces marches, véhiculé ces jeunes, fierté de demain de l’Algérie.

Une jeunesse saine et responsable, voilà l’espoir de demain et il est là, n’en déplaise à tous les oiseaux de mauvais augure et aux pyromanes de tous bords. L’Algérie est portée à bout de bras par sa jeunesse.