Le haut fourneau du complexe sidérurgique d’El-Hadjar a été mis en veille, depuis le 23 avril, suite à la rupture en matière première due à la grève entamée par les travailleurs des complexes miniers de Ouenza et Boukhadra (Tébessa). Selon la cellule de communication de Sider El-Hadjar, le haut fourneau est entré en «veille» pour une durée estimée à 6 jours, à compter du 23 avril. Les ingénieurs et techniciens devraient procéder à sa remise en marche aujourd’hui, si le complexe est ravitaillé en minerai de fer. Mais cela ne semble pas être gagné. Les mineurs de Ouenza et Boukhadra, qui produisent
2 millions de tonnes de minerai de fer annuellement, semblent être déterminés pour mener leur grève jusqu’au bout et jusqu’à la satisfaction de l’ensemble de leurs revendications socioprofessionnelles. Ils demandent entre autres des augmentations de salaires et différentes primes, ainsi que des conditions de travail plus sûres et adaptées. Les magasins et entrepôts de stockage de minerai de fer du complexe d’El-Hadjar sont complètement vides.
La dernière livraison de cette matière première indispensable pour le fonctionnement de la sidérurgie a été faite il y a une quinzaine de jours. En trois mois, c’est la troisième fois que le complexe d’El-Hadjar est à l’arrêt. Les trois arrêts ont été provoqués par des problèmes externes au complexe et incontrôlables par la direction de celui-ci. Le premier arrêt de 14 jours, a été provoqué par les inondations qui ont frappé Annaba après les fortes précipitations qui se sont abattues sur la wilaya. Le deuxième arrêt n’a duré que 3 jours et a été provoqué par un blocage des accès du complexe par des jeunes demandeurs d’emploi qui exigeaient d’être embauchés, au niveau de ce qui fut un fleuron de l’industrie nationale. Le complexe produit en moyenne 2 500 tonnes de fontes liquides. Une fonte qui sera transformée en produits semi-finis destinés au marché national mais aussi à l’exportation. Un seul jour d’arrêt du complexe couterait à celui-ci entre 10 et 18 milliards de centimes. L’économie déjà fragile du complexe risque de prendre un sérieux coup, si la situation de blocage qui existe entre les mineurs et la société qui les emploie n’est pas désamorcée.