Coup de théâtre dans la maison du Front de libération nationale (FLN) où Djamel Ould Abbès n’est plus le secrétaire général. La fin de mission lui a été signifiée. Celui qui aura marqué le paysage politique national du pays pas seulement parce qu’il dirigeait le premier parti du pays

, mais par ses déclarations où l’ubuesque dispute au burlesque, cède ainsi sa place au moment où il l’attendait le moins. Il était sur plusieurs fronts, celui de l’alliance de la majorité présidentielle que le FLN forme avec ses compagnons du RND, MPA et TAJ. Il préparait les élections portant renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation dont il faisait une échéance cruciale. Il se projetait dans l’élection présidentielle du printemps prochain avant même que le dispositif réglementaire ne soit mis en place. Mais depuis hier, il ne fait point de doute que ces échéances vont se dérouler sans Djamel Ould Abbès. Et que le FLN est appelé désormais à vivre une nouvelle étape dont les caractéristiques ne sont guère inédites. Le parti vient en effet de perdre son énième secrétaire général en un laps de temps très court.

Et si officiellement, on explique la fin signifiée à Ould Abbès par des soucis de santé, il va sans dire que les motifs réels ne sont pas à lire dans un supposé bulletin de santé du… docteur Ould Abbès. Car, à l’évidence les derniers mois n’ont pas été ceux de la sérénité et de la cohésion dans la maison FLN bien que son désormais secrétaire général prêchait le contraire en exhibant la discipline partisane, la probité et la transparence dans la prise de décision. Jusqu’à ce que le malaise, qui était latent, éclate de manière violente au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN). La bataille menée par les députés du parti, appuyés par la direction et les autres structures, pour la destitution du président de l’APN- lui même élu du parti- ne renseigne pas moins sur un malaise profond qui traversait l’appareil du FLN. Les tiraillements étaient tels qu’il n’était pas si difficile de prévoir des lendemains incertains pour le fonctionnement du parti.
Ce qui devait arriver arriva et Djamel Ould Abbès n’a pas longtemps survécu à la chute de Saïd Bouhadja, remplacé à la tête de l’APN fin octobre par le jeune Mouad Bouchareb, appelé aussi à gérer, provisoirement, les affaires du FLN «en attendant que les organes habilités du parti du FLN se prononcent «sur le remplacement de Djamel Ould Abbès. Mais ce dernier ne rejoint pas uniquement Saïd Bouhadja sur la liste des «sacrifiés». Il rejoint surtout une longue liste de secrétaires généraux de l’ex-parti unique remerciés parfois dans des conditions qui ne correspondaient point à leurs rangs. Faut-il rappeler, ici, ce qu’avait subi feu Abdelhamid Mehri, prié, au lendemain du Contrat de Rome, de laisser sa place dans une opération que les «rhétoriqueurs» du FLN définissait alors comme «coup d’Etat scientifique». L’on peut se rappeler également les conditions, marquées de violence et d’autres procédés répréhensibles, dans lesquelles s’est opéré le changement de Abdelaziz Belkhadem et Amar Saâdani en 2013. Autrement dit, le poste de secrétaire général du parti du FLN a été constamment au cœur d’enjeux qui dépassent parfois ceux du parti lui-même.
Mais il ne fait pas de doute que ce qui s’est passé à l’APN à la rentrée sociale et la congédiation que vient de subir Djamel Ould Abbès sont des faits qui ne peuvent être appréhender séparément, surtout que le parti a toujours constitué un appareil du pouvoir à telle enseigne que des dirigeants du FLN soutiennent que leur parti se confond avec l’Etat.
D’ou cette interprétation qui revient telle une rengaine évoquant des soubresauts au FLN, révélateurs de turbulences au sein du pouvoir, particulièrement à l’approche d’une joute électorale du rang d’une présidentielle.