Synthèse de INES DALI
Après la mise sous cloche due à la Covid, les pays de l’hémisphère Nord se préparent, cet hiver, à un possible rebond de la bronchiolite, maladie respiratoire qui touche les bébés, pouvant parfois les conduire à une hospitalisation. «L’épidémie de bronchiolite pourrait être de grande ampleur», prévient dans son dernier avis le Conseil scientifique, qui guide le gouvernement français. Il note un «déficit d’immunité collective acquise significatif pour les enfants nés après mars 2020», après les confinements et les gestes barrières anti-Covid l’hiver dernier, qui ont bloqué les autres virus, dont le VRS (virus respiratoire syncytial), responsable de la bronchiolite.
Les enfants ont été moins infectés que d’habitude, et sont donc moins immunisés, rapporte l’AFP. Mais cela ne veut pas dire abandon des gestes barrières. La présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire recommande «un respect rigoureux des mesures barrières» et insiste : «Il ne faut pas emmener de bébé de moins de 3 mois dans des grandes surfaces et on doit garder un minimum de distanciation.» Les bisous aux bébés sont à proscrire, car un rhume chez un adulte, s’il est dû au VRS, peut donner une bronchiolite chez un tout petit. «Nous avons remarqué une augmentation du nombre de cas et avons hospitalisé quelques nouveau-nés qui ont été placés sous oxygène», a déclaré à l’AFP Antonino Reale, chef des urgences pédiatriques de l’hôpital Bambino-Gesu de Rome, référence en Italie pour les soins aux enfants et nouveau-nés. Pour autant, «il s’agit d’un petit signal encore trop faible pour dire comment se déroulera l’hiver», a-t-il nuancé. Même constat et même prudence en France. Durant la semaine du 27 septembre, il y a eu 1 278 passages aux urgences d’enfants de moins de 2 ans pour bronchiolite, dont 460 se sont soldés par une hospitalisation, contre respectivement 700 et 300 à cette période lors d’une année normale. «Le niveau des indicateurs reste modéré», mais on observe une «tendance à l’augmentation qui nécessite la plus grande vigilance», explique à l’AFP Delphine Viriot, épidémiologiste à l’agence sanitaire Santé publique France. «L’idée, c’est de pouvoir détecter le plus en amont possible la survenue de l’épidémie, pour permettre la mise en place de l’organisation des services hospitaliers», a-t-elle ajouté. Pour cela, «on dispose d’un bon référentiel», car en temps normal, l’épidémie de bronchiolite suit le même schéma : elle démarre fin octobre, atteint un pic fin décembre puis se termine fin mars. Mais l’hiver dernier, la Covid a bouleversé cette chronologie.
Courante et très contagieuse, la bronchiolite provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, rapide et sifflante. Elle est la plupart du temps bénigne mais peut nécessiter un passage aux urgences, voire une hospitalisation. Une épidémie de grande ampleur pourrait donc peser sur des systèmes hospitaliers déjà mis à rude épreuve par la Covid.