L’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) accueille – jusqu’au 9 février prochain à la villa Dar Abdellatif, l’exposition photo « Makeda, Mixed Couples », une exposition de photographies qui dépeint et veut explorer l’inter-culturalité, plus précisément celle des couples mixtes. En effet, réalisé par la photographe française Aurore Vinot, mettant en avant une quarantaine de photos en noir et blanc, principalement des portraits de couples de trentenaires réunissant les cultures algérienne, russe, française, syrienne ou égyptienne, le travail photographique a pour objectif de « dépasser les tabous et faire triompher le lien sentimental ». L’exposition marque, par ailleurs, la première présentation au public d’un travail entrepris il y a plus de trois ans et « réalisé dans différents pays, Algérie, Congo, Afrique du Sud, France et Liban ». L’artiste, rencontrée samedi dernier en marge du vernissage, a expliqué que l’idée de départ du projet « Makeda », un nom faisant référence à la reine de Saba, est le résultat de sa confrontation aux divisions inter-religieuses de la société libanaise : « Le projet Makeda est né lors d’un séjour au Liban, une société où le mariage civil n’existe pas à cause des différentes communautés religieuses (…). Cela crée forcément des obstacles à certaines unions. Le but de l’exposition est donc de traiter cet aspect, en faisant le lien avec la société sud-africaine post-apartheid ». La photographe ajoute qu’elle s’est heurtée à plusieurs difficultés, notamment en Afrique du Sud, où, dira-t-elle, les couples mixtes restent rares et constituent encore un sujet tabou. « Mais aussi en Algérie, où la difficulté se situe davantage dans le rapport de la société à l’image […] Lors de mon premier voyage, je n’ai pas réussi à faire une seule photo (…) Par la suite, certaines personnes sont venues d’elles-mêmes vers moi au travers des réseaux sociaux, et j’ai rencontré d’autres couples au travers de mon entourage. » L’exposition présente ainsi les parcours de jeunes couples, dont des Franco-Algériens, l’artiste expliquant en ce sens que son travail en Algérie a également pour but de « traiter du poids de l’histoire et de ses répercussions sur les couples contemporains ». L’exposition « Makeda, Mixed Couples » met par ailleurs en avant des photographies des villes de résidence des couples.