Un autre a failli à l’«algéromètre». Vous savez, ce fameux outil qui mesure le patriotisme. C’est un joueur né en France, formé par la France et qui, dans un prolongement naturel, a opté pour la sélection du foot français. De quoi fermer les visages en Algérie et dessiner des sourcils froncés.
Encore une fois, on a pu voir que le mal est très profond avec cette sale manie de choisir pour les autres. L’absurdité d’avoir la conviction qu’ils doivent suivre le chemin que nous leur avons tracé. Autrement, s’ils dévient de ce parcours fléché, on s’empresse de les taxer et crucifier.
Harki, vendu, traître…, les qualificatifs virulents ne semblent pas manquer. La frustration et le masochisme social nous font basculer dans une méchanceté des plus insensées. On se met à distribuer l’algérianité et à frapper l’appartenance avec un sceau d’authenticité qu’on croit détenir alors que nous ne possédons rien en réalité.
Quand on n’a plus d’emprise sur sa propre vie, on se retrouve à se mêler de celle d’autrui. Pire encore, on trouve consolation et satisfaction à les réduire à de vulgaire broutille. On se réjouit de leurs échecs car incapables de bâtir notre réussite. On voit le karma partout ainsi qu’une chimérique justice du divin. Un acquittement imaginaire qu’on ne décèle étrangement pas dans notre quotidien. Le mal des uns nous fait du bien.
Les jours défilent. On les passe à critiquer et commérer sans nous rendre compte qu’on perd le fil. Nos convictions et sujets sont à caser dans le futile. On parle toujours des étrangers. Mais rarement de nous. Nos mots et véhémences ne changent la vie de personne. Sauf notre cœur qui noircit et notre cérébralité qui bascule dans la pensée monotone.
Le blabla ne décide d’aucun destin. Aouar tient le sien en main. Et tout ce qui se dit par-ci par-là, lui fait certainement une belle jambe. Il vit bien grâce à ses pieds. Et il vient de mettre un doigt sur la plaie. Celle qui laisse apercevoir que la haine et jalousie, cachées derrière un nationalisme vanté, ont gangréné la société. Quand on est incapable d’aimer et respecter nos prochains, c’est qu’on a du mal à s’accepter. Pensez-y.