Le ministre de l’Energie a tenu, hier, une conférence en ligne avec le Secrétaire général de l’Opep, Mohamed Barkindo, en prévision de l’allègement, durant le mois d’août prochain, des coupes drastiques opérées dans l’offre de l’Opep+. Sur cette échéance, qui fait hésiter les investisseurs en raison des incertitudes que crée la crise sanitaire entre autres, Abdelmadjid Attar se montre optimiste et se dit confiant en la capacité de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole à « surmonter les épreuves ».

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait, hier en fin de matinée à Londres, 42,68 dollars, en baisse de 0,97% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour le mois d’août perdait 1,26%, à 40,12 dollars. Selon les analystes du marché, cette baisse des cours traduit l’hésitation des investisseurs « à renforcer leurs positions au-dessus de 40 dollars le baril ». Certains parlent de prix sous l’influence de « forces opposées » marquées par des signes favorables de reprise d’activité en Asie et en Europe et par des indicateurs inquiétants sur le front sanitaire, notamment aux Etats-Unis.
Ce pays a dépassé la barre des 130 000 morts du nouveau coronavirus, Covid-19, et continue d’enregistrer un bilan journalier des nouvelles infections inquiétant, à près de 55 000 cas supplémentaires, selon les données-références de l’université Johns-Hopkins, lundi dernier.
Autre facteur d’hésitation, le retour sur le marché, le mois prochain, de près de 2 millions de barils quotidiens, en accord avec l’annonce de l’allègement progressif des coupes drastiques mises en place par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires de l’Opep+. Ces pays producteurs doivent passer de 9,6 millions de barils par jour (mbj) en juillet à 7,7 mbj en août. Une perspective qui incite l’Algérie, présidente de l’Opep jusqu’à la fin de l’année, à redoubler d’initiatives pour rassurer le marché et inciter les pays impliqués dans la maîtrise de l’offre mondiale du Brut à poursuivre leur engagement.
C’est ainsi, en tout cas, qu’on peut apprécier l’échange, lundi, entre le tout nouveau ministre algérien de l’Energie et président de la Conférence de l’Opep et le Secrétaire général de l’Organisation, Mohammad Barkindo. Dans un communiqué à l’issue de cet échange, Abdelmadjid Attar s’est déclaré « confiant dans la volonté des pays signataires de la Déclaration de coopération à respecter pleinement leurs engagements de baisse de la production ». « Le respect des engagements de baisse de la production par l’ensemble des pays signataires de l’Accord permettra de restaurer progressivement la stabilité et l’équilibre du marché pétrolier international », a-t-il ajouté

Garder le cap
Selon l’accord adopté par les pays de la Déclaration de coopération les 9 et 12 avril 2020 et après l’adoption du mécanisme de compensation le 6 juin par la réunion ministérielle Opep et non-Opep, l’objectif est d’assurer la stabilité des cours de l’or noir et permettre d’absorber les surplus disponibles encore sur le marché. Il s’agit notamment de la réduction de la production pétrolière de l’ordre de 9,7 millions de barils par jour (mb/j) durant le mois de juin 2020, d’une baisse de 9,6 mb/j durant juillet 2020 ainsi que d’une coupe de 7,7 mb/j devant intervenir du 1er août à fin décembre 2020. Il avait été aussi convenu de réduire la production de 5,8 mb/j du 1er janvier 2021 à avril 2022. Les pays qui n’ont pas pu atteindre pleinement la conformité en mai et juin de l’accord du 12 avril dernier ont été invités à rattraper les écarts en juillet, août et septembre 2020.
A ce sujet, M. Attar s’est montré confiant en la capacité résiliente de l’Opep, qui va bientôt fêter ses soixante années d’existence, à peser de son poids pour l’équilibre de l’offre mondiale et la maîtrise des prix. « L’Opep est une grande organisation qui a survécu aux épreuves du temps », a-t-il souligné, lors de sa réunion en ligne avec le Secrétaire général de l’organisation. n