La suppression du régime de licence d’importation, à partir de l’année prochaine, n’est pas pour ouvrir les horizons aux concessionnaires automobiles. Ainsi, si le gouvernement a décidé de mettre fin aux licences d’importation dès 2018

, il a néanmoins maintenu le contingent quantitatif pour l’importation de véhicules neufs. Cette décision n’a pas manqué de soulever l’ire de certains concessionnaires qui y voient « une exclusion » et « une nouvelle restriction » de l’activité de concession de voitures neuves. Le ministre du Commerce, Mohamed Benmerradi, lors d’une réunion avec les cadres de son secteur, a souligné que son secteur « envisage de mettre en place, pour l’année 2018, un seul contingent quantitatif concernant les véhicules automobiles (transport de marchandises, transport de personnes et véhicules de tourisme) à l’exclusion des collections CKD/SKD destinés au montage et de certains véhicules et engins spéciaux ». Précisant que « ce contingent ne sera ouvert qu’en cas de nécessité ». Un des concessionnaires que nous avons contactés et dont l’activité est presque au point mort a souligné que, d’un côté, « le gouvernement est dans son rôle de réguler les importations », mais, a-t-il enchaîné, « il sera peu probable de répondre uniquement avec ce qui est produit localement à une demande qui varie entre 350 000 et 400 000 véhicules/an ». De l’autre côté, a ajouté notre interlocuteur, « il est difficile de maintenir le monopole entre les mains de quelques constructeurs, alors que des dizaines d’autres dossiers attendent leur étude ». La crainte de ce concessionnaire est de voir « son activité disparaître ». Ce qui se répercutera, pense-t-il, « très négativement sur le marché de l’automobile où les prix ne cessent de grimper ». « A quelle valeur vont-ils arrêter les importations et à quelle quantité ? », s’est-il interrogé, pour dire, qu’à première vue, « le gouvernement est soucieux non pas des devises qui vont être injectées dans l’importation, mais dans la quantité de voitures qui sera importée ». Même topo chez un autre concessionnaire, membre de l’ACC2A, dont le dossier pour la mise en place d’une activité semi-industrielle, spécialisée dans la fabrication de pièces de rechange, n’a toujours pas eu de réponse. « Il est difficile de laisser le marché entre les mains de quatre constructeurs pour répondre à toute la demande », a-t-il dit. Soulignant que « la solution réside dans l’agrément d’autres constructeurs pour créer une véritable dynamique dans ce secteur ». Un des constructeurs pense différemment. Pour lui, « la décision du gouvernement est salutaire tant qu’elle assure un marché interne, en attendant l’exportation, pour les usines déjà en activité ». « Cela permettra d’économiser des devises », même si, reconnaît-il, « l’importation des kits pour assemblage est aussi de l’importation payée rubis sur l’ongle
en devises ».