«La suspension du transport terrestre interurbain se poursuivra tant que la pandémie de la Covid-19 n’aura pas disparu», a confirmé le ministre des Transports lors de son passage, samedi dernier, à LSA direct du quotidien Le Soir d’Algérie. Une déclaration qui plonge encore plus dans le désarroi les centaines de taxieurs inter wilayas, mais aussi les transporteurs en commun de voyeurs dans la mesure où ces derniers croyaient dur comme fer à une proche reprise d’activité après près de neuf mois d’arrêt sur décision, à l’époque, des autorités sanitaires du pays visant à freiner la propagation du virus Covid-19. Il faut dire que ces professionnels du secteur pris à la gorge par l’effet de leur inactivité n’ont cessé d’interpeller leur ministère de tutelle afin de se pencher sur leur situation mais, aujourd’hui, en apprenant que leur calvaire n’est pas près de s’estomper ils sont décidés à ne pas rester les bras croisés. C’était d’ailleurs prévisible à partir du moment où le principal syndicat de cette corporation professionnelle n’a cessé d’alerter les pouvoirs publics sur la dure situation que traversent les taxieurs inter urbains tout en annonçant, par intervalle, l’organisation de sit-in et d’opérations escargot. Même après la décision du gouvernement de leur accorder des indemnités à hauteur de 30 000 DA à compter du mois d’août dernier a été soumise à la condition du paiement des cotisations sociales pour les années 2019 et 2020 alors que 90 % des taxis ne sont pas à jour à Casnos, avait précisé le bureau de la Fédération nationale des taxieurs. En somme, l’affirmation du ministre du Transport tombe très mal pour les taxieurs inter-urbains lesquels s’attendaient à une nouvelle plus réconfortante. Nul doute que cette contrariété va peser dans l’esprit des taxieurs inter urbains. Du côté de la fédération, on essaye tant bien que mal de calmer les taxieurs.
La colère des taxieurs va s’accentuer
Un membre du bureau contacté par nos soins nous a révélé que «depuis l’affirmation que la suspension de circuler des taxieurs interurbains sera maintenue, c’est l’ensemble de la corporation qui est en colère et demande en urgence à ce que des décisions soient prises, quitte même à riposter sur la voie publique, «car c’est le seul moyen qui nous reste pour nous faire entendre». Reporters a tenté de se rapprocher du président de la Fédération nationale des taxieurs Belal Mohamed, pour avoir son avis sur la déclaration, peine perdue, le responsable restant injoignable. Toujours dans ce contexte de colère des taxieurs inter urbains, il y a lieu de savoir que ceux de la wilaya de Béjaïa ont annoncé la couleur hier dans le sens où ces derniers, épaulés par les transporteurs en commun ont décidé d’un mouvement de protestation. En effet, l’ensemble des transporteurs en commun de voyageurs de la wilaya de Béjaïa ont entamé un mouvement de grève de trois jours depuis hier. «Il a été très largement suivi au point de paralyser de nombreuses villes. Les transporteurs grévistes dénoncent la non-exécution des indemnités d’aides décidées par le gouvernement et surtout de suspendre la directive limitant la charge des cars à 50% de leur capacité de transport.
Pour revenir à la déclaration du ministre, il y a lieu de signaler que ce dernier avait argué «le maintien de la suspension est recommandé dans la mesure où cette catégorie de transports comme aussi le train exigent le strict respect des mesures barrières, mais qu’il est impossible de contrôler». Poursuivant son argumentaire en rappelant que ce sont des types de transport où les voyageurs sont en étroite proximité et de surcroît sur un long trajet. Or, des syndicalistes s’interrogent dans ce sens. «Il y a comme un paradoxe, d’un côté, le ministre confirme que l’arrêt de la circulation des taxis inter urbains va se poursuivre et, de l’autre, la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) annonce la prochaine reprise du trafic banlieue allant même jusqu’à fixer une date, celle du 15 décembre prochain. «Or il est admis que le risque de contamination est au même niveau, c’est-à-dire que le voyageur soit dans un taxi inter urbain ou dans un train de banlieue, très souvent bondé, tout au long du trajet. A moins que le ministre juge que la SNTF ne peut plus continuer de mettre à l’arrêt ces rames avec tout cela comporte comme manque à gagner pour la filiale train de banlieue quant aux taxieurs, selon son raisonnement, ils peuvent s’accommoder avec la poursuite d’arrêt d’activité.
Disons enfin que du côté des taxieurs interurbains les perspectives de reprendre du service sont largement éloignées. Et donc rares seront ceux qui vont pouvoir surmonter leur manque à gagner à moins que les autorités sanitaires donnent leur vert mais avec des conditions très strictes. <