Face à l’appréhension des parents d’élèves et du corps enseignant d’une rentrée scolaire à hauts risques, dans un contexte d’augmentation des cas de contaminations au coronavirus, Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), estime qu’« il n’y a aucune justification pour le report de la rentrée scolaire». S’exprimant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, Lyes Merabet souligne que le « retour des élèves à l’école est nécessaire et même crucial d’un point de vue psychologique ».
En effet, tant que le protocole sanitaire mis en place par le ministère de l’Education nationale est respecté, le retour à l’école ne constitue pas un danger pour les enfants d’un point de vue de protection de leur santé.
Toutefois, le fait de prolonger cette rupture avec l’école peut constituer un danger, tant, d’une part, il y a un grand risque de décrochage scolaire et, d’autre part, un impact psychologique. Il explique à ce sujet que l’école en plus d’être un espace pédagogique d’acquisition du savoir est également un espace où l’enfant se socialise et construit sa personnalité dans le respect des règles d’interaction avec les autres. Il cite en exemple le cas de nombreux pays qui enregistrent des milliers de cas de contamination par jour, mais qui ont opté pour la reprise des cours afin de se prémunir contre les séquelles irréversibles sur toute une génération d’écoliers.
Le Dr Lyes Merabet estime ainsi que le véritable défi aujourd’hui est de mettre tous les moyens humains et matériels au niveau des établissements scolaires des trois paliers du système éducatif pour s’assurer que les mesures de précaution contre le coronavirus sont respectées.
En ce qui concerne la rentrée scolaire, le président du SNPSP affirme que le ministère de l’Education, en coordination avec les responsables d’établissement et les collectivités locales, ont coordonné leurs efforts pour garantir la sécurité des élèves, du corps enseignant et du personnel administratif. Ainsi, à titre d’exemple, dès la rentrée des élèves, demain 21 octobre, le système de partage des élèves par groupes en alternant les jours est un grand acquis dans le cadre de la prévention contre la propagation du virus en assurant la distanciation physique au niveau de l’établissement scolaire.
A propos du port du masque pour les élèves du primaire, il souligne qu’il est surtout obligatoire à l’entrée et à la sortie de l’école, ainsi que lors de la récréation. Cependant, durant le cours en classe, les élèves peuvent ôter leur masque à condition de respecter la distanciation sociale. Concernant la mesure de la propreté des mains, il préconise de mettre à la disposition des élèves et du personnel éducatif du gel hydraulique et de s’assurer de la disposition aussi de l’eau dans tous les établissements d’enseignement afin de mener à bien les opérations d’assainissement. Cette remarque est importante car, selon certains échos, des écoles primaires souffrent toujours d’un manque d’eau courante à 48 heures de cette rentrée sous haute tension.
Par ailleurs, aujourd’hui, il devient nécessaire de garantir la présence d’une équipe de santé scolaire qui « aura un grand rôle dans l’accompagnement de la rentrée scolaire avec une tâche distincte liée à la mise en œuvre du protocole sanitaire », souligne Lyes Merabet. Il ajoute que ces équipes de santé scolaire ont également un rôle important dans la sensibilisation du personnel éducatif, des enseignants et des responsables d’établissement afin de clarifier le rôle de chacun.
Pour rappel, dès le premier jour de la rentrée scolaire, les enfants recevront des leçons éducatives pour parler de la pandémie, des méthodes de contamination, d’infection et des mesures à suivre pour éviter la contamination au coronavirus. <