Le plus grand pays d’Afrique ne peut pas se permettre d’être absent des échanges économiques et des grands chantiers se déroulant sur le continent. Une affirmation évidente, mais qui restera sans efficacité tant qu’il n’y a pas de concrétisation sur le terrain.
Avec tous ses atouts, et loin de la démagogie des discours officiels, l’Algérie a les capacités, sur tous les plans, de s’imposer réellement en Afrique.
La journée d’étude sur la transsaharienne organisée jeudi passé, à Alger, a été une occasion de valoriser un projet, qui se fait attendre depuis plusieurs décennies. Ce mégaprojet de route panafricaine qui reliera Alger à Lagos (Nigeria) en traversant six pays serait ainsi sur le point d’être achevé. Une énorme occasion de concrétiser l’un des aspects importants du pays, et que certains essayent d’oublier (ou d’effacer même), celui de son ancrage africain. L’opportunité de conquérir des marchés susceptibles d’aider la croissance économique et de donner des opportunités aux entrepreneurs algériens avides d’espaces et de nouvelles aventures.
La transsaharienne arrive au moment opportun. Avec la mise en œuvre (depuis janvier dernier) de la zone de libre-échange africaine (ZLECAF) qui ambitionne de booster l’économie continentale vers de nouvelles perspectives. L’Algérie semble d’ailleurs bien placée dans cette dynamique afro-africaine. L’« Algérie nouvelle » préconisée par le président Tebboune a ramené avec elle au moins deux faits concrets allant dans cette optique continentale. Le premier est survenu trois jours après l’élection présidentielle. Le 15 décembre 2019, l’Algérie approuvait la ratification de l’accord de libre-échange (ZLECAF). Moins de deux mois après, une nouvelle institution étatique, à vocation africaine, était créée, l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AACI-SD).
Le terrain est propice, les portes sont ouvertes, et il ne reste qu’à travailler pour espérer récolter les dividendes. L’intérêt de l’Algérie se trouve bien plus sur son continent que sous les cieux des pays du Nord.