Le Parti socialiste des travailleurs (PST) n’a toujours pas pris de décision concernant sa participation ou non à la prochaine présidentielle, a indiqué hier son secrétaire général Mahmoud Rechidi.
« La décision de participer à la présidentielle, de boycotter ce rendez-vous ou de soutenir un candidat sera prise ultérieurement », a fait savoir M. Rechidi lors du forum de l’association Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), sur la « situation générale du pays et la prochaine élection présidentielle». La participation ou le boycott « n’est pas une question fondamentale » pour le PST, a-t-il précisé, expliquant que le scrutin présidentiel, tout comme les législatives, « n’ont jamais constitué un élément de changement ».
Le secrétaire général du PST considère, en effet, que « depuis toujours, les élections ne sont qu’un faire-valoir, une formalité pour assurer la continuité du système en place, notamment devant l’absence d’une force politique qui peine à se constituer ». Le pays est dans une « situation de déni absolu dans un contexte où les rapports de forces ne permettent pas de remettre en cause cette situation et ce régime libéral et autoritaire qui veut se maintenir», a martelé le secrétaire général du PST. Soutenant que « la transparence d’un rendez-vous électoral ne peut être garantie par la seule mise en place d’une commission dite « indépendante », présidée par quelqu’un qui réclame sa neutralité ».
Allusion à la Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise) et Abdelwahab Derbal. « La création d’une telle commission ne veut pas forcément dire que les élections se passeront et se dérouleront dans la transparence », poursuit Mahmoud Rechidi. Le pays est confronté à une situation économique « délicate », vu « l’incapacité historique du gouvernement à satisfaire les besoins de la population, heurtée à l’érosion du pouvoir d’achat qui ne cesse de se dégrader. Pis encore, on ne dispose pas des moyens de changement qui permettent l’émancipation. Nous avons besoin d’une force qui se distingue», a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’en Algérie, toutes les « luttes démocratiques se font contre le libéralisme, sans que les citoyens ne s’en rendent compte ». C’est pourquoi, il insiste sur la « nécessité » de construire un rapport de force pour assurer « la progression de la résistance sociale et fédérer les différentes énergies pour la défense des libertés démocratiques ». Un projet qui s’avère une priorité pour le parti de gauche. Le PST propose un projet de lutte auquel adhèrent pleinement les Algériens, « le projet d’une assemblée constituante qui reflète les intérêts de la majorité et non de la minorité comme c’est le cas actuellement », plaide M. Rechidi. « Une minorité qui dicte des lois qu’elles ne respectent pas, à l’image du droit à la manifestation, à la grève ou la liberté d’expression », et « un régime qui réclame la démocratie, mais qui ne respecte pas ce qui est mentionné et défendu dans la Constitution», a-t-il regretté.
Le PST milite pour une « assemblée constituante qui reflète les intérêts de la majorité », a insisté le secrétaire général de cette formation politique, considérant qu’«une liberté démocratique qui profite à une minorité n’est pas une démocratie».