Le leader du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a appelé, à partir de Tunis, à la réouverture des frontières terrestres avec le Maroc.  Mohcine Belabbas, qui participait aux travaux de la conférence sur les défis du développement et du progrès en Afrique du Nord, a déclaré dans son intervention que «la fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc est une inconséquence qui ne peut être expliquée par aucun argument rationnel».

Le numéro 1 du RCD, qui était l’invité du parti Mechrou Tounes, a plaidé pour une intégration maghrébine à tous les niveaux en conformité avec l’histoire des luttes des peuples et sociétés de la sous-région – il a rappelé à ce titre la Charte de Tanger de 1958 – et pour être à la hauteur des enjeux économiques et géostratégiques présents et à venir.  «Dès le départ nous avons clairement inscrit notre action dans un cadre nord-africain.   Dans la clandestinité, les militants qui ont fondé le RCD avaient déjà tissé des liens avec des militants de cette région dans l’émigration, en particulier avec nos frères marocains. Pour nous, nos pays respectifs ne peuvent durablement prospérer que dans le cadre d’une Afrique du Nord démocratique», a indiqué M. Belabbas.
«Il n’est pas normal que les problèmes que nous affrontons, et qui sont souvent de nature semblable, nous soient communiqués par la presse occidentale et il n’est pas normal, non plus, que nos partis entretiennent des relations plus suivies avec ceux du Nord de la Méditerranée ou du Moyen-Orient alors que nos destins sont liés», a-t-il ajouté, non sans rappeler  qu’avant la génération actuelle, «alors que l’Algérie était encore en guerre, le Destour tunisien, l’Istiqlal marocain et le FLN algérien, portant alors les aspirations de nos trois peuples, avaient tenu une réunion à Tanger en avril 1958».  Les recommandations issues des débats de cette charte «sont encore d’actualité», a-t-il  observé avant d’affirmer que «le parachèvement naturel des indépendances des trois pays devait se concrétiser dans la construction d’une fédération des Etats nord africains».
Le RCD, a déclaré son président, est resté fidèle à cet engagement. «Ce qui avait été souhaité par nos ainés pendant l’occupation coloniale devient aujourd’hui une condition essentielle de notre développement, de la sécurité de notre région, de l’émancipation de nos peuples : nos peuples doivent apprendre à se reconnaître, s’apprécier, s’aider», a-t-il déclaré. Et d’expliquer que son parti, «le RCD inscrit son action dans une régionalisation qui redonne du sens aux territoires à travers l’institution de cette Fédération des Etats d’Afrique du Nord tant de fois annoncée et tant de fois différée». «L’intégration régionale est avant tout une stratégie pour la croissance économique, le développement des marchés, la création d’emplois, l’amélioration des conditions de vie. La proximité géographique, l’identité commune, l’Histoire partagée facilitent cette intégration, d’autant que la conjoncture et les tendances lourdes sont à la construction d’ensembles humains administrés dans une décentralisation libératrice des compétences, face aux impératifs de la mondialisation», a-t-il rappelé.
Mohcine Belabbas a lancé l’idée d’«une charte très souple» pour définir «les convergences structurantes pour une meilleure coopération entre nos Etats en vue d’un rayonnement nord-africain».