Dans un rapport sur l’organisation terroriste Daech présenté hier au Conseil de sécurité, l’ONU avertit les Etats, en particulier ceux du Maghreb, sur sa capacité de nuisance, en dépit des défaites subies là où il est implanté, en Libye notamment. « Daech représente encore une menace pour la Libye et les pays du Maghreb malgré sa défaite à Syrte » , a indiqué hier l’ONU et d’insister sur le fait que « la menace que représente Daech pour la Libye et les pays voisins reste présente ». Selon l’ONU, l’offensive militaire des forces libyennes a délogé Daech de Syrte en réduisant ses capacités d’accéder aux ressources mais n’a pas réussi à éliminer complètement la menace puisque ses combattants se sont dispersés dans d’autres régions en Libye. Le rapport, qui cite des informations recueillies auprès des Etats membres, précise que Daech avait maintenu des capacités opérationnelles en Libye, comme le montrent de récentes opérations, notamment l’attentat suicide perpétré à Benghazi le 18 décembre 2016, qui a coûté la vie à plusieurs soldats. Le nombre d’éléments de Daech présents en Libye varie selon les estimations des Etats membres, allant de plusieurs centaines à  3 000, rapporte l’ONU. Les derniers chiffres communiqués par les officiels américains, c’était sous l’ère Obama, lorsque l’ancien commandant de l’Africom, le général David Rodriguez avait déclaré qu’il y aurait quelque « 5 000 terroristes qui se réclament de Daech en Libye «, combattus par les forces gouvernementales, avant que son successeur, le général Thomas Waldhauser, n’affirme que les « Etats-Unis évaluent à seulement quelques centaines de combattants laissés à Syrte «. Il n’en demeure pas moins que « Daech continue de représenter une grave menace pour les pays voisins de la Libye », relève encore l’organisation onusienne en rappelant à ce titre les deux attentats perpétrés en novembre 2016 contre les forces de sécurité tunisiennes et un troisième attentat suicide exécuté dans une cathédrale au Caire qui a fait 25 morts. « Les Etats membres estiment que les pressions constantes exercées sur Daech en Libye pourraient conduire le groupe à adopter un modus operandi qui se rapproche de celui d’autres entités affiliées à Al-Qaida », explique encore l’ONU. « Cela signifie que certaines cellules de Daech pourraient chercher à se rapprocher des entités affiliées à Al Qaida dans la région », prévoit-elle. Si Daech a essuyé des échecs en Libye, il a renforcé cependant sa présence en Afrique de l’Ouest et au Sahel, comme le montrent les récents attentats perpétrés au Niger et au Burkina Faso. Mais, à l’heure actuelle, le groupe ne contrôle pas de proportion significative de territoires dans ces régions, selon le document de l’ONU. Sur le plan militaire, Daech est, par ailleurs, en position défensive dans plusieurs régions du monde, notamment en Afghanistan, en Iraq et en République arabe syrienne, note le rapport de l’ONU. L’organisation terroriste n’a pas été en mesure de résister à la pression soutenue qu’il subit dans plusieurs zones de conflit mais s’adapte en partie à cette situation. 

Ses méthodes de communication interne et de recrutement sont devenues de plus en plus clandestines (Web profond, cryptage et utilisation de messagers), constate l’ONU en ajoutant que Daech continue d’encourager ses partisans qui se trouvent en dehors des zones de conflit à perpétrer des attentats. La menace qui pèse sur le secteur de l’aviation reste élevée, comme en témoignent les attentats perpétrés récemment contre l’aéroport de Bruxelles en mars et l’aéroport d’Istanbul (Turquie) en juin, et contre un vol de la compagnie aérienne Daallo en février 2016..