La cheffe du gouvernement tunisien, Najla Bouden, a effectué hier lundi une visite de travail d’une journée à Alger. Il s’agit de la deuxième visite de Mme Bouden en Algérie après sa première visite le 25 novembre 2021, quelques mois après sa prise de fonction. Samedi 26 novembre, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, s’était rendu à Tunis pour une visite de travail en Tunisie en sa qualité d’envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune.

Par Halim Midouni
Ce ballet politique et diplomatique entre Alger et Tunis confirme la tendance au rapprochement entre les deux pays maghrébins observée depuis plusieurs mois et leur convergence sur les différents dossiers bilatéraux et internationaux. Ce rapprochement est opéré sur la base de la convergence de vue entre les parties algérienne et tunisienne sur les questions qui concernent le monde arabe, celle de la Palestine en particulier, et le Maghreb où la crise libyenne suscite toutes les inquiétudes, davantage depuis que la perspective de la tenue prochaine d’élections pour la normalisation politique et institutionnelle dans ce pays parait s’éloigner.
Cette convergence s’est par ailleurs manifestée à l’occasion du dernier sommet de la Ligue arabe, début novembre à Alger, et, avant, lorsque le président tunisien Kaïs Saied a décidé d’accueillir en personne le président du Polisario et de la Rasd, Brahim Ghali à Tunis lors du forum Japon-Afrique (TICAD) qui s’est tenu dans la capitale tunisienne fin août dernier, provoquant une crise politique et diplomatique inédite entre Tunis et Rabat sur le Sahara occidental.
Outre, les aspects régional et international, l’Algérie et la Tunisie sont liées depuis décembre 2021 par 27 accords de coopération signés à Tunis par les chefs d’Etat algérien et tunisien. Les accords portent notamment sur les secteurs de la Justice, de l’Intérieur et des Collectivités locales, de l’Energie et des Mines, des petites et moyennes entreprises et startups, de l’Industrie pharmaceutique, de l’Environnement, des Affaires religieuses, de l’Education et de la formation professionnelle, de la Pêche, de l’Information, ainsi que de la Culture.
On évoque également le renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine sécuritaire. On suppose donc que la visite de la cheffe du gouvernement tunisien, hier, à Alger, est destinée à faire le point sur l’avancement de cette coopération multidimensionnelle et cruciale pour la Tunisie au moment où le pays voisin, qui a subi de plein fouet l’impact économique de la pandémie du Covid et de la guerre en Ukraine, aujourd’hui, traverse une situation financière des plus difficiles, invitant au devoir de solidarité entre deux pays aux enjeux et défis communs.
Autre dossier bilatéral à l’ordre du jour, celui qui concerne le Comité bilatéral énergie et mines. En mai dernier, les travaux de ce comité mixte a été sanctionné par la signature d’un procès-verbal qui prévoit notamment la poursuite des discussions autour de la demande tunisienne d’augmentation des volumes contractuels des livraisons de gaz naturel, des quantités en GPL et en gaz butane. Le procès-verbal comprend également « l’examen par la partie algérienne des mesures portant le renforcement de la société mixte dans l’amont pétrolier entre Sonatrach et l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) », ainsi que « l’examen par le Groupe Sonatrach des nouvelles propositions de blocs d’exploration en Tunisie ». Il prévoit aussi « la demande de développement des capacités d’interconnexion pour consolider le système électrique », ainsi que « l’examen des possibilités de coopération dans le domaine minier, notamment l’exploitation et la transformation de produits phosphatés, ainsi qu’en matière d’échanges d’expérience, de la formation et les énergies renouvelables ». n