Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), a alerté vendredi sur la hausse des niveaux de faim dans la région méridionale malgache où 750.000 personnes sont menacées par l’insécurité alimentaire. La sécheresse est en train de causer d’énormes dommages dans le grand sud de Madagascar. Avec «un impact dévastateur», aggravant la souffrance de centaines de milliers de personnes et anéantissant les récoltes et l’accès des populations à la nourriture, indique le PAM «La situation est extrêmement préoccupante (…) la faim et la malnutrition que nous constatons sont le résultat de trois années de récoltes ruinées», a déclaré le porte-parole du PAM, Tomson Phiri, lors d’un point de presse à Genève. Deux régions sont particulièrement touchées : l’Androy et l’Anosy, où la chaleur a asséché les plantations et où les stocks de vivres sont presque épuisés, plongeant ainsi 750.000 personnes, dans une crise nutritionnelle. La moitié de la population de la région, soit 1,5 million de personnes éprouvent une crise de la faim ou des conditions d’urgence alimentaire. Cette situation est d’autant plus préoccupante car Madagascar a «le dixième taux de retard de croissance le plus élevé au monde», avertit M. Phiri. Selon le PAM, près de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, alors que le nombre de personnes dans le besoin à Madagascar est trois fois supérieur aux prévisions du milieu de l’année. Entre temps, la situation s’est «rapidement aggravée» et a touché dix districts. Une étude réalisée le mois dernier dans le district d’Amboasary, le plus touché du pays, a montré que la faim avait contraint les trois quarts des enfants à abandonner l’école afin de pouvoir aider leurs parents à chercher de la nourriture. Face à «la gravité et à l’urgence de la situation, l’agence onusienne prévoit d’aider près de 900.000 personnes parmi les plus vulnérables jusqu’en juin 2021, et continuer à intensifier ses opérations jusqu’en juin prochain.