Par Feriel Nourine
Le président de la République n’a pas mâché ses mots pour dire les maux qui gangrènent l’industrie nationale et étouffent dans l’œuf toute velléité de relance sur ce registre. Son discours, prononcé hier à l’ouverture de la Conférence nationale sur la relance industrielle, aura été aussi un véritable réquisitoire contre la bureaucratie que Abdelmadjid Tebboune n’a pas hésité à qualifier de « crime contre l’économie perpétré par des personnes qui défendent des intérêts douteux avec des calculs politiciens ».
Le secteur industriel en Algérie va mal et le diagnostic est le même depuis des années, sinon des décennies. Il est malade en premier lieu des pratiques administratives érigeant la bureaucratie en mode d’emploi privilégié dans lequel excellent des responsables à différents niveaux de la sphère de décision. Bien sûr, au sommet de cette sphère, la corruption plane en système qui a privé le pays de la relance tant souhaitée et handicapé une économie par la dépendance maladive des hydrocarbures à laquelle il l’a assujettie.
Que de projets accomplis et prêts à passer à l’activité et la production industrielle n’ont pu se concrétiser pour ne pas avoir jouit de la bénédiction administrative de responsables dont le zèle sans retenue laisse souvent transparaître des appétits insatiables comme seul le régime de cette corruption au générique national de tchipa peut creuser.
La machine industrielle peine à être mise en branle, payant la lourde facture d’une machine bureaucratique qui écrase sur son passage tout espoir de libérer les initiatives et de faire éclore le riche potentiel entrepreneurial de ce pays. Des milliards ont été injectés dans le montage de projets sans que ces sommes colossales, investies par les opérateurs économiques, puissent décrocher l’autorisation indispensable pour passer à l’étape de productivité qui crée de la richesse dans ses multiples apports à l’économie nationale, dont notamment l’offre d’emplois.
C’est pourquoi, la levée du gel de 57 projets d’investissement sur 402, suspendus pour des raisons administratives, annoncée par Abdelmadjid Tebboune, a sans doute été accueillie comme une libération du joug de la bureaucratie par les investisseurs concernés par cette mesure salvatrice. Une annonce qui fait aussi renaître l’espoir d’une fin de calvaire pour les autres opérateurs qui attendent désormais leur tour. L’espoir surtout pour une économie qui pourra compter sur une industrie relancée grâce à l’abolition de la bureaucratie.