La mobilisation populaire en faveur de la cause palestinienne a peut-être fait tourner une page d’histoire à Ghardaïa et dans le M’zab en général. Vendredi dernier, après la grande prière du vendredi, des centaines de personnes, des femmes et des jeunes filles en grand nombre, se sont retrouvées sur la grande esplanade de la place du 1er-Mai, en plein centre-ville de Ghardaïa,

pour dénoncer et rejeter avec la plus grande vigueur la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem (Al Qods), comme capitale de l’Etat d’Israël. « Non, nous n’accepterons jamais cette décision irresponsable du président américain. Nous, en tant qu’Algériens, nous avons toujours été solidaires avec la Palestine. C’est notre seconde patrie, et nous ne l’abandonnerons jamais. Nous sommes tous avec la fameuse phrase du défunt président Houari Boumediène, ‘nous sommes avec la Palestine, victime ou coupable’. » Déployant de grands drapeaux aux couleurs de la Palestine et de l’Algérie, des centaines de personnes répétaient à gorges déployées des slogans anti-américains et anti-israéliens, pendant que de stridents youyous fusaient du côté où étaient réunies les femmes et les jeunes filles, elles aussi déployant des drapeaux palestiniens et des affiches représentant l’esplanade et la mosquée El Aqsa. Les protestataires ont brandi des pancartes sur lesquelles on voit des enfants palestiniens, les yeux bandés et les mains ligotées, traînés par le cou par des soldats israéliens. Après avoir entonné des chants patriotiques, ils ont brûlé des drapeaux d’Israël et des Etats-Unis et un portrait de Donald Trump . «A bas l’Amérique ! A bas Israël !», « Palestine libre !» « Al Qods, capitale éternelle de la Palestine !», «Palestine, cœur du monde arabe ! » et le célèbre refrain, répété en chœur «Nous sacrifierons notre âme et notre sang pour toi, El-Aqsa», ont été les principaux slogans répétés par les protestataires qui étaient admirablement organisés à tel point qu’aucun incident n’a été signalé. A propos de page d’histoire propre à la ville millénaire, Il faut souligner l’important déploiement des forces de police qui ont encadré de loin les manifestants sans qu’elles n’aient, à aucun moment, à intervenir. Il faut rappeler, aussi, que compte tenu que la région est placée sous état d’urgence depuis les évènements tragiques de 2015, aucune manifestation ni rassemblement, quel qu’il soit, n’ont été, depuis cette date, autorisés. Seule la cause palestinienne a eu les faveurs des autorités qui n’ont pu qu’adhérer à cette révolte populaire pacifique contre cette inique décision américaine et ce même si pour apaiser les tensions, il aurait (Trump) décidé de reporter à plus tard de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv vers Jérusalem. Deux autres manifestations du même genre ont eu lieu, simultanément après la prière hebdomadaire. La première à Berriane, à 45 km au nord du chef-leu de wilaya et la seconde à Metlili, à 42 km au sud de Ghardaïa. Avant de se disperser dans le calme, les manifestants ont décidé de débaptiser la place du 1er-Mai pour l’appeler dorénavant la place el Qods. Tout un symbole..