Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), interpelle le gouvernement.

«Retirez dans l’immédiat l’avant-projet de loi sur la santé qui se trouve actuellement au niveau de la commission santé de l’Assemblée populaire nationale», a-t-il demandé dans une déclaration, hier à Reporters. «Nous appelons au retrait de l’avant-projet de loi parce qu’il risque d’être programmé en plénière pour adoption par les députés et ensuite les sénateurs», a-t-il enchaîné, avant de plaider pour «une plus grande concertation autour de ce texte de loi». «Ce projet doit être remis sur la table des discussions avec les partenaires sociaux pour un dernier round, afin que tous les acteurs concernés expriment leur avis et de lever les zones d’ombre qui se trouvent en son sein», a-t-il argué.
À ses yeux, il est question d’un texte de loi «qui va à l’encontre des intérêts du citoyen et de la collectivité et va plutôt consolider le privé dans le secteur de la santé».  Plus incisif, il soutiendra que «c’est un projet de loi dangereux, non seulement par rapport à l’accès à la santé, puisqu’il remet en cause la gratuité des soins, mais, à long terme, il va susciter de la colère et des crises qui peuvent être à l’origine de l’instabilité du pays et d’insécurité nationale». «C’est une loi qui institue un système de santé pour les riches», précise-t-il encore à ce sujet. Aussi, et tout en expliquant que ce texte de loi «n’a pas bénéficié de suffisamment de concertation et a été élaboré loin des partenaires sociaux sans être soumis à un vrai débat  avec toute la transparence que cela suppose», Merabet appelle le Parlement à «ne pas le programmer en plénière».  Pour rappel, le ministre de la Santé, qui a présenté, récemment, l’avant-projet de loi devant la commission de santé de l’APN, a soutenu que le gouvernement insiste sur la prévention : «L’Etat poursuit ses efforts de lutte contre les maladies chroniques et pour la mise en place d’une stratégie axée sur les catégories vulnérables et les personnes en difficulté, tout en veillant à promouvoir la santé au travail, dans les écoles, les universités et les structures de formation professionnelle et en milieu carcéral.» Il n’a pas manqué à cet égard d’évoquer l’importance que revêt la santé de proximité en termes de rapprochement de la santé du citoyen. Il a fait état, dans ce sens, d’un projet de création de services externes faisant office de maillons dans «la gestion intermédiaire, avec pour missions la détermination des besoins spécifiques au secteur et la fourniture, en tant que banque de données, des informations nécessaires à tous les niveaux de prise de décisions et de gestion du système de santé». Dans le même temps, il évoquera la prise en charge thérapeutique et les soins à domicile, comme «impératifs pour maîtriser les coûts des soins et garantir la qualité des prestations sanitaires». C’est aussi pour «la réduction de la durée des hospitalisations» que le gouvernement a privilégié cette option. Le ministre a, par ailleurs, évoqué la mise en place de mesures incitatives pour lutter contre la fuite des médecins à l’étranger.