Reporters : Tout le monde a vu comment ce virus nommé coronavirus s’est vite propagé, ce qui a poussé les autorités sanitaires algériennes à prendre certaines dispositions. Sont-elles suffisentes à votre avis ?
Lyes Merabet : Il faut savoir qu’il y a plusieurs niveaux sur lesquels il faut travailler. Dans ce sillage, je citerai surtout le volet lié à l’éducation sanitaire et donc un véritable travail de communication et d’information tant en direction des professionnels de la santé qu’en direction des citoyens. Pour ce qui est des professionnels de la santé, ce travail doit viser la prévention et aussi la thérapeutique notamment pour ce qui est des dispositions à prendre, des moyens nécessaires et comment faire parvenir les informations si jamais il y a des cas qui se confirment comme, par exemple, les boîtes e-mail au sein des institutions concernées sur les plans local et central.
Pour ce qui est des citoyens, cette communication doit viser l’objectif de les rassurer, une éducation sanitaire, les symptômes et notamment se concentrer sur la propreté et les voies de transmission pour pouvoir mettre les gens devant leurs responsabilités.

On s’inquiète surtout du fait que la durée d’incubation du virus peut atteindre les 14 jours. Cela implique qu’un individu atteint de ce virus peut entrer dans un pays sans que la maladie ne soit détectée…
Dans une situation pareille, il n’y a pas de filtre à 100 %. C’est une raison supplémentaire d’inquiétudes. Tout ce qu’on peut faire, c’est de limiter les risques. Si jamais il y a des cas, il faudra les maîtriser et les circonscrire très vite.
D’où l’importance aussi des cellules de veille qui sont généralement intersectorielles. La présence importante de professionnels de la santé doit se faire parallèlement à la présence d’autres intervenants comme, par exemple, les services compétents capables d’œuvrer pour des quarantaines si jamais il y a lieu de le faire.

En quoi consiste le danger de cette épidémie et des complications qu’elle peut générer ?
Il est virulent et peut enclencher des complications pulmonaires. Cela peut être plus compliqué pour des personnes qui souffrent de maladies chroniques. Le taux de mortalité enregistré chez les malades est de 30% pour l’instant, ce qui veut dire que pour chaque centaine de malades, il y en a en moyenne 30 qui décèdent. Ce qui représente un chiffre considérable.
Cela implique également que la prévention reste le meilleur moyen pour contrecarrer ce virus notamment du fait qu’il n’y pas de vaccin pour éviter ses effets. Cette nouvelle souche du virus Corona a touché pour l’instant la Chine, les USA, l’Australie et la France, ce qui représente quatre continents. Cela reflète aussi que personne n’est à l’abri du virus d’où l’importance de la prévention.n